« Crachet » était d'abord le nom d'une lampe à huile, celle que les mineurs emportaient au fond jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, et c'est elle qui a baptisé le site. Le samedi 7 novembre, ce sont des projecteurs qui éclairent l'endroit. De 22h à 6h, le collectif montois Club Vision Room y fête ses 13 ans dans la salle des Trémies du SPARKOH!, rue de Mons 3, à Frameries, à trois minutes de Mons.
Un charbonnage devenu science center
Avant les basses, le charbon. Le site du Crachet-Picquery a d'abord connu une exploitation artisanale, du XIIIe au XVIIe siècle. Elle s'étoffe au XVIIIe siècle sous la direction du Valenciennois Nicolas Piérache. Les ventes se succèdent ensuite : en 1835, le Crachet passe à la Société de Commerce, filiale de la Société Générale, puis en 1857 à la Société de Picquery, avant d'être repris par la Société du Levant de Flénu, qui s'en sépare à son tour en 1896.
Dans les années 1950, le Crachet rejoint Wasmes, Hornu, l'Agrappe et d'autres sièges sous une même enseigne, les Charbonnages du Borinage. Cela ne suffit pas : le 16 juillet 1960, le puits n° 11, le dernier encore en activité, ferme faute de rentabilité. Le site est démantelé, en partie revendu à l'intercommunale IDEA en 1967, puis classé par la Région wallonne en 1989. Reste à lui trouver une nouvelle vie.
Elle vient d'un appel d'offres européen lancé en 1997, que remporte l'architecte français Jean Nouvel. Il s'inspire de l'ancien parcours du charbon pour rénover plusieurs bâtiments, et le chevalement reste debout. Le lieu ouvre en mai 2000 sous le nom de Pass, parc d'aventures scientifiques, et devient SPARKOH! le 25 septembre 2021. Les Trémies, elles, sont une salle au décor futuriste qui peut accueillir jusqu'à 300 personnes pour une soirée dansante. Une autre nuit y est déjà annoncée : une silent disco le vendredi 11 décembre.
Le contraste vaut le détour. Le reste du temps, le SPARKOH! est un science center pensé pour les familles, avec ses expositions interactives, ses 18 000 m² d'espaces intérieurs et extérieurs, sa plaine de jeux et sa boutique, et il ouvre ses portes le dimanche et les jours fériés. Le samedi 7 novembre au soir, le site change de public, et les Trémies passent aux sons graves.
Treize ans, et un nouveau terrain de jeu
Club Vision Room est un collectif de DJ de la région : Deep In The Love, 10g X.I.T et Stilnoxxx en forment le noyau. Leur règle est restée la même d'une édition à l'autre, comme l'expliquait en mars Antonino Barbarotta, l'un des membres : « On associe toujours des artistes régionaux ou nationaux à notre line-up. La Wallonie du Sud a de super artistes. » Pour leurs 13 ans, les organisateurs annoncent « un tout nouveau lieu », une nouvelle scénographie et une production soignée.
Ils ont de l'élan. Le 10 avril, le collectif s'associait à Blue Diamond pour une nuit de 22h à 6h au Lotto Mons Expo, avec le duo allemand Booka Shade, Anja Schneider et Cassy à l'affiche. La première vague de billets early bird était déjà épuisée à la mi-mars. Cette collaboration est née d'une amitié, rappelait Antonino Barbarotta : les familles se connaissent, Christian, de Blue Diamond, s'intéresse de près à la musique électronique, et l'idée d'un gros événement montois s'est imposée d'elle-même. Le même Antonino voit Mons prendre une place de plus en plus nette sur la carte nationale de l'électro, avec « des lieux atypiques capables d'accueillir des événements de qualité ». Un ancien puits de mine entre dans cette catégorie.
Bours? en tête d'affiche
Le nom qui ouvre l'affiche est celui de Bours?, producteur français. Il fait de la musique depuis plus de dix ans, en passant par plusieurs styles électroniques avant de trouver le sien. Son premier événement sur la billetterie Shotgun date de 2019, et c'est au début des années 2020 qu'il émerge dans l'underground parisien. Ses morceaux et ses mash-ups ont fini dans les clés USB de Charlotte de Witte, d'I Hate Models et de Paula Temple, qui les jouent sur de grandes scènes. Sur scène, la page de l'artiste le décrit comme quelqu'un qui lit la salle et ajuste son set en direct, pour garder la piste pleine toute la nuit. Sa marque : de la techno rapide, des voix hachées, des motifs qui groovent et des kicks bien lourds. Il a aussi fondé son propre label, Thumps Out Traxx, pour y défendre des nouveaux venus et des amis. Le 10 octobre, il tenait une nuit entière aux platines du Rex Club, à Paris.
Autour de lui, Lucas Pierre, dont l'affiche cite Extrema Outdoor et Bonzai Records, puis le collectif maison et un warm-up « spécial » dont le nom n'est pas dévoilé. La page des organisateurs rappelle que Stilnoxxx s'est déjà produit au Tresor Berlin, à Fuse, au Rockerill, à la Medusa et au Dour Festival. La soirée s'annonce techno, du mélodique au plus tendu.
Mode d'emploi
Les billets se prennent sur Shotgun : 22 € en early bird, 24 € en prévente, 35 € sur place. Un parking privé gratuit est prévu sur le site, ainsi que des vestiaires, ce qui compte début novembre. Pour venir, le SPARKOH! est à 20 minutes de la frontière française, à 30 minutes de Charleroi et à 45 minutes de Lille comme de Bruxelles. Il reste trois jours pour décider.
13 ans des Vision Room, Sparkoh! invites Bours?. Samedi 7 novembre 2026, de 22h à 6h. SPARKOH!, salle des Trémies, rue de Mons 3, 7080 Frameries. Billets sur Shotgun : 22 € early bird, 24 € prévente, 35 € sur place. Parking privé gratuit, vestiaires.
Crédits visuels : visuel de la soirée © Club Vision Room (fiche septmille.be) ; visuel Instagram : photo d'illustration © Heli Ruiz / Unsplash.