Il faut parfois une absence pour qu'une carrière commence. En 2023, un ami rappeur de Jules Scinta ne peut pas assurer une date en Flandre. Jules le remplace au pied levé. Sauf qu'il ne vient pas faire ses morceaux à sa place : il monte sur scène avec ses propres textes.
Trois ans plus tard, le nom de TeddyBear s'affiche sur les frontons de l'Olympia et de l'Ancienne Belgique. Le 23 octobre 2026, il a été sacré Révélation belge de l'année aux NRJ Music Awards, devant Anouk, Jellam, Pia et Bas Serra. Et ce 30 octobre, il publie son premier album, Le Plus Beau, chez Ceinture Rose Records et Naïve.
Pour un artiste qui n'avait sorti aucun single au début de l'année, la trajectoire a de quoi donner le vertige.
Tout part de Jurbise, aux portes de Mons, où Jules Scinta a grandi dans une famille de musiciens d'origine sicilienne. Son père, Santo Scinta, est batteur ; il a notamment accompagné Salvatore Adamo en tournée. C'est avec lui que Jules apprend le rythme, très tôt, à la maison. Du côté de la famille, il y a aussi un grand-père mineur, une grand-mère prénommée Michelle et des parents séparés : autant de personnages qu'on retrouve aujourd'hui dans ses chansons. Il part ensuite étudier la musique à Hasselt, à la PXL, et grandit artistiquement entre le français et le néerlandais.
Le nom de scène vient de ces années étudiantes. Dans le logement qu'il partageait, ses colocataires voyaient en lui le protecteur du bâtiment. Ils l'ont d'abord appelé « The Bear », puis « TeddyBear ». Le surnom est resté, avec ce qu'il dit de lui : une carrure, et une douceur qui ne se cache pas.
La singularité de TeddyBear, c'est d'avoir fait ses classes sur les grandes scènes avant même d'avoir un disque. Il a ouvert pour Clara Luciani, Julien Doré, Orelsan, Feu! Chatterton, Alain Souchon ou Benjamin Biolay. Avec Puggy, il a joué à l'Olympia et à Forest National. Face à des publics qui ne le connaissaient pas, il a appris à capter l'attention en quelques minutes, avec une voix et une diction qu'on n'oublie pas facilement.
Les disques sont arrivés en 2026. Tout Va Bien, en mars, s'inspire de son grand-père mineur et d'un souvenir musical transmis par sa mère. Puis Chaussures Roses, le 24 avril, change tout. La chanson part d'une anecdote familiale : sa grand-mère Michelle et une paire de chaussures roses achetée à la place des rouges. Le clip, réalisé par Emma Kraemer, met en scène François Damiens en coiffeur, et la grand-mère elle-même y apparaît. Le titre dépasse rapidement le cercle des curieux et devient le morceau par lequel le grand public découvre TeddyBear.
Le 8 juillet paraît Enfin Bon, qui raconte la séparation de ses parents et la manière dont un enfant, puis un adulte, essaie de comprendre ce qui s'est transformé. L'été s'enchaîne : Montreux, les Francofolies de La Rochelle, les Francofolies de Spa le 25 juillet, Les Solidarités à Namur. Le 18 septembre, il dévoile Le Plus Beau et l'interprète en direct sur France 5, dans C à vous.
Ce titre éponyme donne la clé de l'album. TeddyBear y parle de son rapport à l'apparence, à l'ego, au doute, à l'image qu'on renvoie et à celle qu'on accepte de soi. C'est un thème qui traverse tout le disque : la peur, l'amour, la famille, ce que veut dire avoir vingt-quatre ans aujourd'hui. L'écriture est directe, souvent à la première personne, et fonctionne comme une série de portraits de ce qu'il observe autour de lui.
Musicalement, Le Plus Beau refuse de choisir. On y croise la chanson française, la pop, le rap, le jazz et l'électronique. Ses références le disent bien : Jacques Brel, Alpha Wann, le batteur londonien Yussef Dayes et Salvatore Adamo. L'album a été enregistré notamment aux studios ICP à Bruxelles, avec Nicolas Subréchicot, Paco Del Rosso et Tristan Salvati à la production. Le batteur qu'il a été n'a pas disparu : piano, batterie, basses, guitares, vents et cordes sont joués, et la production contemporaine vient les habiller sans les effacer.
Onze titres composent le disque. On y retrouve Chaussures Roses, Le Plus Beau, Enfin Bon, L'Humain, Les Monstresou Bravo mon fils. Et un clin d'œil que les Montois ne manqueront pas : la septième piste s'appelle Mons et Merveilles. Pour un artiste qui revendique ses origines à chaque interview, la ville qui l'a vu grandir a donc droit à sa chanson.
Chez Septmille, on suit TeddyBear depuis ses débuts. Nous avons été les premiers à l'interviewer, à une époque où son nom ne disait encore rien au grand public. Le voir aujourd'hui annoncé à l'Olympia et à guichets fermés à l'AB a quelque chose de réjouissant, et de logique pour qui l'avait vu sur scène à l'époque.
La suite est déjà écrite dans l'agenda. Du 2 au 6 décembre 2026, les Trans Musicales de Rennes lui confient leur création à l'Aire Libre, une résidence qui a accueilli Candeur Cyclone en 2024 et Asfar Shamsi en 2025. Il jouera ensuite à Eurosonic, à Groningen, le 14 janvier 2027, avant une tournée en France et en Belgique. Le Trianon de Paris, le 26 janvier, a affiché complet si vite qu'une date à l'Olympia a été ajoutée le 1er mars 2027. L'Ancienne Belgique, le 15 mars, est complète elle aussi.
Pour le public montois, la date à cocher est le samedi 27 février 2027 : TeddyBear jouera à la maison, au Théâtre Le Manège, à Mons.