Tout part d'une boutade lancée à Prague, en 2012. Un groupe de jeunes étudiant·es y découvre au détour d'une ruelle le Musée du Communisme, et quelqu'un pose la question : et si un jour il existait un Musée du Capitalisme ? De retour en Belgique, une dizaine d'entre elles et eux se réunissent pour lui donner corps. Quatorze ans plus tard, ce musée sans murs a posé ses panneaux dans une vingtaine de villes belges. Depuis le 7 octobre, il occupe l'Hôtel de Ville d'Ath, sur la Grand-Place, et il y reste jusqu'au 26 novembre, accueilli par la Maison Culturelle d'Ath.

La première édition ouvre le 13 février 2014 dans la bibliothèque Moretus Plantin de l'Université de Namur, déjà en collaboration avec la FUCID. Pourquoi garder le mot « musée » pour une exposition qui voyage ? Thomas, qui a rejoint l'équipe en octobre 2012, l'explique ainsi : il s'agissait d'« interpeller les esprits avec l'idée de savoir si, un jour, on mettrait le capitalisme dans un musée ». Le succès arrive tout de suite, surtout auprès des écoles et des associations. Il précise aussi la ligne : « Ce n'est pas un musée de l'anticapitalisme », mais un lieu pour explorer les différentes facettes du système.

La route passe ensuite par le Village des Possibles du festival Esperanzah! à Floreffe à l'été 2014, le CPAS de Saint-Gilles et les Gentse Feesten en 2015, la Cité Modèle de Laeken en 2016. Les Montois l'ont accueilli à la Maison Foliedu 7 novembre au 14 décembre 2017, sur quelque 200 m², avec le MOC Hainaut-Centre : panneaux explicatifs, extraits audio et vidéo, illustrations et objets du quotidien. Suivront Anderlecht, Liège, Arlon, le Musée L de Louvain-la-Neuve, le Palais de la Bourse de Bruxelles en 2019, une ancienne coutellerie à Gembloux, l'ancienne justice de paix de Rochefort, et Nivelles début 2026. Plus de 25 000 visiteur·euses y sont passé·es.

Derrière l'exposition, une ASBL reconnue depuis environ trois ans comme organisation de jeunesse. Trois mi-temps permanents assurent le quotidien, mais les décisions se prennent à l'horizontale, sans hiérarchie entre salarié·es et bénévoles. À chaque étape, l'équipe forme des guides issus de la ville d'accueil, jeunes, membres d'associations ou retraité·es. Depuis deux ans, deux groupes de travail, l'un sur les enjeux décoloniaux, l'autre intitulé « Femmes et Capitalisme », ont fait évoluer la scénographie, qui a déjà connu au moins trois formes : des dates clés décoloniales ajoutées au parcours, une bâche à l'entrée sur la place des femmes, des visites spéciales menées avec le Collectif Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations.

Quatre salles et des rendez-vous

Le parcours se traverse en quatre salles : Origines, Espoirs, Limites et Alternatives. Il part de l'histoire du système, passe par ce qu'il a promis et par ses limites, puis s'arrête sur ce que d'autres imaginent à la place. Dans la dernière salle, le public est appelé à proposer des initiatives de la ville où le musée s'installe : à Ath, ce sont donc des alternatives athoises qui peuvent s'y ajouter. L'exposition est accessible dès 15 ans et bilingue, en français et en néerlandais ; les visites guidées et les rendez-vous se déroulent en français.

La visite libre, sans réservation, est ouverte le mercredi de 13 h à 17 h, le jeudi de 9 h à 13 h et le dimanche de 14 h à 18 h, sauf les dimanches 1er et 8 novembre et le mercredi 11 novembre. Les visites guidées se réservent : la visite classique de deux heures le 3 novembre à 19 h, la visite express d'une heure le 12 novembre à 10 h, et le même jour la visite Capitalisme & Décolonialisme à 15 h (reprise le 19 novembre à 10 h) et Capitalisme & Femmes à 18 h. Capitalisme à l'ère du numérique suit le 17 novembre à 15 h, et le CEFOC propose Panser le vivant le 13 novembre à 17 h 30. Tout est gratuit ou à prix libre.

Autour des quatre salles, la ville entière s'y met. Le 27 octobre à 20 h, Marie Van Cutsem, Bruno Colmant et Laurent Hublet débattent au Château Burbant des défis des vingt-cinq prochaines années, sous le titre Changement de quart. Le 29 octobre à 14 h et le 7 novembre à 10 h, un parcours décolonial part de la rue Ernest Cambier pour montrer l'économie comme moteur des colonies. Le 30 octobre à 20 h, le cinéma L'Écran projette La Guerre des prix suivi d'un débat. Le 31 octobre à 10 h et le 5 novembre à 14 h, une « débat-lade » de l'écologie populaire démarre du Palace. Le 4 novembre à 14 h, on parle de la réforme des pensions au Château Burbant, pendant que l'Espace public numérique apprend à « dégafamiser » son quotidien.

La deuxième quinzaine de novembre se joue surtout à l'Hôtel de Ville. L'atelier Le grimoire des possibles y revient le 13 novembre à 17 h 30, puis le 14 novembre à 10 h à la Maison de la Laïcité. Le 15 novembre à 10 h, une Fresque de la monnaie fait comprendre d'où vient l'argent qu'on a en poche, et le 17 novembre, l'atelier Santé en jeu confronte solidarité et marché. Le film Rural passe à L'Écran le 19 novembre à 20 h et le 22 novembre à 16 h. Ce même dimanche, de 8 h à 11 h, Oxfam sert son déjeuner au 6 rue Paul Pastur. Le 26 novembre à 19 h, jour de clôture, un arpentage collectif de L'Économie pour les 99 % de Thomas Porcher referme l'étape.

Dix-huit partenaires ont rejoint la Maison Culturelle, de la bibliothèque Jean de La Fontaine à l'Espace gallo-romain, d'Oxfam Ath à Financité, de Picardie laïque à la Mutualité chrétienne, en passant par la ludothèque Pirouette, Infor Jeunes Ath, le Collectif Droits des Femmes, Babeliens ou Solatoi. Pour les enseignant·es, une brochure détaille les animations proposées aux élèves de 4e, 5e et 6e secondaire. Et si aucune date ne convient, la Maison Culturelle peut organiser une visite pour une famille ou un groupe, en fonction des disponibilités de l'équipe. Le programme papier attend au Palace.

Une dernière date déborde du calendrier : le 27 novembre à 18 h, au lendemain de la fermeture, un afterwork féministe animé par Barbara Dupont au Château Burbant s'intitule Féminisme en série : combats et pop-corn. Quant au collectif, il cherche du renfort pour la suite. « On lance donc un appel aux personnes un peu curieuses, à de nouvelles énergies ! », dit Thomas.

Le Musée du Capitalisme, Hôtel de Ville d'Ath, Grand-Place 45, 7800 Ath. Jusqu'au 26 novembre 2026. Visite libre sans réservation le mercredi de 13 h à 17 h, le jeudi de 9 h à 13 h et le dimanche de 14 h à 18 h, fermé les dimanches 1er et 8 novembre et le mercredi 11 novembre. Visites guidées et activités sur réservation. Exposition et rendez-vous gratuits ou à prix libre. Dès 15 ans, exposition bilingue français-néerlandais. Infos et réservations : museeducapitalisme@mcath.be, 068 68 19 99, mcath.be.

Ath
Publié le 28 Octobre 2026 par
sgfsgs
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