Six cafés, et rien que du blues.
Le principe s’appelle une Tournuit, et Open Music le ressort du placard pour l’occasion. Ce samedi 7 novembre, la place Sainte-Anne à Comines devient un festival à elle seule : six lieux associés, les cafés de la place et le Club de jazz, et une programmation entièrement consacrée au blues. Vous échangez votre billet au stand d’accueil sur la place, et vous circulez.
Un billet, et vous avez tout. Trente-deux euros, le même tarif pour les membres comme pour les autres. Cinq euros si vous avez moins de 26 ans. Gratuit en dessous de 12 ans.
Un club qui fête ses quinze ans
La Tournuit n’est pas un événement isolé, c’est le coup d’envoi des festivités du quinzième anniversaire d’Open Music, qui tombera en 2027. Le club l’écrit lui-même avec une certaine économie de moyens : « eh oui, le temps passe vite ».
Derrière, il y a une machine qui tourne à un rythme que peu de salles de cette taille tiennent. Une cinquantaine de concerts par an. Pour la seule saison 2026-2027, vingt-sept concerts et quatre conférences-débats programmés jusqu’à fin décembre. Une chorale maison. Des cafés-philo. Et une émission de radio sur Libellule FM, dont la centième a été diffusée le 21 octobre dernier.
Le modèle est celui d’un club au sens plein du terme. La carte de membre coûte neuf euros par an et donne cinq euros de réduction sur chaque concert. Les moins de 26 ans la paient deux euros et entrent partout à cinq. L’ensemble est soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Province du Hainaut, le fonds Lemay de la Fondation Roi Baudouin et la Loterie nationale.
Xavier Woestyn, autour de qui tout se construit
La soirée a été pensée pour réunir les bluesmen de la région au sens large, et elle s’organise autour d’un nom. Xavier Woestyn, du groupe X Side, est une figure de la scène blues rock entre Mouscron et Comines, de celles qu’on retrouve aux fêtes de la musique et dans les salles du coin. Open Music le dit sans détour dans son annonce : c’est quelqu’un « qui a animé, et qui animera encore, tant de belles soirées dans notre petit coin ».
C’est en somme un plateau construit à l’envers des logiques habituelles. On ne part pas d’une tête d’affiche qu’on entoure, on part de celui qui tient la scène locale et on invite autour.
Paul Cowley, le bluesman de Birmingham
Parmi les invités, c’est lui qui vient de plus loin, et son parcours mérite deux lignes.
Paul Cowley a grandi à Birmingham. L’autre, celle d’Angleterre, pas celle de l’Alabama, précision que la presse blues prend régulièrement la peine d’apporter. Il n’a pas découvert cette musique à l’adolescence mais au début de la quarantaine, ce qui, dans un genre obsédé par les filiations et les légitimités, n’est pas banal. Il vit aujourd’hui dans une grange en granit de la campagne française, d’où il sort un country blues acoustique dépouillé, salué par la critique spécialisée : Long Time Comin’, Just What I Know, Stroll Out West en 2023, et Long Shadow, chroniqué en janvier dernier.
Le détail qui le résume le mieux circule dans toutes ses chroniques : il n’a jamais mis les pieds dans le Mississippi, et il dit n’en avoir aucune envie.
Le reste du plateau
Marc Libbrecht, de TEX!, Bâton Rouge, Manu Slide & co, Cisko Herzhaft accompagné de Geneviève Dartevelle, et Dominique Floch, de Little Fat Daddy and The Wild Guys. Une bonne part de la scène blues du Hainaut occidental et de ses abords, réunie sur une seule place pour une seule nuit.
L’opération se monte avec le Festival de Blues d’Houthem et avec Jazz en Nord, qui co-accueille la soirée de l’autre côté de la frontière.
En pratique
Ce samedi 7 novembre, une tonnelle sera dressée sur la place Sainte-Anne, à Comines. On y échange son billet contre un bracelet et un plan. Le plan indique six adresses : Le Huit, Le Téléphone, le Café du Rivage, le Musée de la Rubanerie, les Moulins de la Lys et le Club de jazz d’Open Music. Huit concerts s’y jouent entre 17h et 23h30, et tout est blues.