Mid-eighties : Pete de Freitas, le batteur d’Echo & the Bunnymen va sous peu se tuer en moto, le journaliste phare des pages rock du (Télé)-Moustique a cessé d’émettre. Musicalement parlant, la sincérité du bouillonnement post-punk cède peu à peu la place aux flonflons d’une new-wave grand-guignolesque.
Faut-il persister à lire le mythique hebdomadaire ?
En toute logique… Non.
Sauf qu’apparaissent parfois, en début de gazette, des espèces de mini-chroniques écrites au scarificateur trempé dans l’azote liquide, toutes signées d’un nom étrange à consonance carpatique.
Rien que pour ça tiens, je vais le garder, mon abonnement.
Ma primo-infection à la prose de Sébastien Ministru vient de là.
Des Mid-eighties à maintenant il y a quarante-deux ans, quarante-deux années qui ont filé comme quatre mois et deux jours.
Vendredi 25 septembre, 07h20 : Devant la porte de La Maison Losseau me vient subitement une pensée saugrenue, Mr Ministru et moi partageons désormais une même passion pour la retraite.
Je me demande s’il en parlera …
Car, oui, "Il" est revenu sur ses terres, on va pouvoir rencontrer l’homme, en vrai, dans le cadre d’un des Petits-déj du Club de la Presse Hainaut Mons.
Bien qu’enfant d’une époque où les gens parvenaient encore à lire de longs textes, Sébastien, ex-rédacteur en chef adjoint du Moustique, est à la ville comme à la radio doté d’un sens aigu de la formule qui claque.
Cette matinée, placée au départ sous le signe du café et des croissants, a ensuite été marquée par d’incessants catapultages de réparties, d’anecdotes, de boutades et autres mots d’esprit rigolos.
Quelque chose rayonne dans le personnage, on dirait bien que c’est de la gentillesse, et aussi une espèce de pudeur bienveillante dont il se départit à l’occasion, histoire de décocher, narquoisement,une subtile plaisanterie, à la manière d’un carreau d’arbalète filant vers une cible de paille.
Un constat s’impose, Sébastien est un vrai modeste, agissant à contre-courant des préceptes de la fausse modestie, (cette pathétique entourloupe hypocrito-protocolaire), il déploie beaucoup d’énergie à souligner l’importance de personnes (de l’instituteur du village à Jean-Pierre Hautier en passant par l’équipe de Nord Éclair, Nathalie Huffner et Gabriel Ringlet) qui l’ont incité à devenir ce qu’il est.
Avec l’audace des gens qui ont du mal à se faire confiance, Sébastien s’est fait sa place sans s’époumoner à se forger un personnage fictionnel, il a toujours su qui il était… Un fils d’immigré italien, fan de Sheila et de Martine, parvenu au rang de rédacteur, écrivain, auteur de théâtre, chroniqueur radio, et qu’on sent parfois encore sincèrement étonné d’être là.
Répondant aux questions de Pierre-Jean Burrion, il nous a fait osciller entre humour et émotion, tendresse et malice... Avec ce regard en coin qui parfois pétille derrière des lunettes à l’allure de Ray Ban… Et même si elles confèrent à leur porteur des yeux d’aviateur intrépide, le discret arrondi de la monture apporte à celui qui se cache derrière la touchante vulnérabilité d’une oeillade de cocker triste.
Une matinée passionnante, chargée d’émotions et d’espiègleries, avec un homme auprès duquel on voudrait s’asseoir plus longtemps, pour discuter de tout, de rien, d’Adamo, de Sheila, de Flénu, de queers et des soldes….mais aussi d’avenir…
Merci «Séba» (et merci à Pierre-Jean, Sophie, Camille, La Maison Losseau et puis aussi merci aux croissants et à la machine à café pour avoir été là).
À bientôt ?