Le gang de l’Atelier des Capucins est passé maître dans l’art de créer des synergies, on en veut pour preuve cette conjonction Pirotte – Altink particulièrement détonante.
Ceux qui fréquentent la galerie se rappellent sans doute ces deux noms, ils avaient laissé des traces, de par la viscéralité de leur travail, dans les annales de l’atelier.
Le Liégeois David Pirotte nous avait en effet déjà impressionnés il y a une dizaine d’années avec ses grandes toiles mettant en vedette un Berlin post apocalyptique sillonné de Trabant 601 et parsemé d’hommages à Nina Hagen et à David Bowie…
De son côté, le Suédois Tiago Altink nous avait interpellés avec ses sculptures claniques.
Déjà forts séparément, ils se révèlent redoutables ensemble, David Pirotte d’abord, avec ses toiles acryliques flirtant du côté du street art tout en assumant un classicisme figuratif; Tiago Altink ensuite avec ses créations totémiques à la lisière de l’art tribal et de l’art brut.
Au-delà de la vigueur des œuvres exposées, on se doit de souligner la complémentarité de leur deux mondes ainsi que la symbiose qui en résulte, cette complémentarité symbiotique étant à l'origine d'un tout grand séisme polychromatique.
Une expo printanière comme on les aime, en forme de liquidation en bonne et due forme des sombritudes hivernales au profit d’une cavalcade multicolore à en faire frémir le plus respectable des nuanciers.
Au fil de leurs œuvres, force est de constater que David et Tiago nous veulent du bien, certes les toiles bigarrées expriment parfois de grandes souffrances, et les improbables tikis scandinaves de Tiago cicatrisent à grand-peine des coups de ciseaux à bois assénés par leur créateur, mais l’averse de coloris et le sentiment d’appartenance à une certaine forme d’humanité qui transpirent des murs de l’atelier valent vraiment le détour.
Une expo indocile, sautillant entre bouillonnement contestataire et chamanisme sylvestre, et qui pousserait au burn-out n’importe quel caméléon qui par mégarde s’y aventurerait.
David Pirotte & Tiago Altink
(jusqu’au 26 avril 2026)
Atelier des Capucins
15, rue Masquelier, 7000 Mons
Vendredis : 15h -18h
Samedis & dimanches : 14h -18h
Et c’est encore et toujours gratuit.
À bientôt ?