+ DE PLACE : pourquoi la musique locale a besoin de médias comme Septmille

La musique locale manque de place dans les médias généralistes, et c’est précisément là que des plateformes comme Septmille deviennent essentielles pour documenter, amplifier et relier les scènes d’ici.

Un paysage médiatique qui oublie le local

En Fédération Wallonie-Bruxelles, le constat revient en boucle : trop peu de musique belge francophone circule en radio, en télé et dans les grands festivals, et ce sont souvent les mêmes noms qui tournent.​
Cette sous‑représentation n’est pas qu’une question de goût, elle traduit un manque de reconnaissance structurelle et de moyens pour les musicien·nes qui vivent, créent et travaillent ici.​

Les débats récents autour de la place de la musique « de chez nous » ont mis en lumière à quel point l’écosystème souffre d’un déséquilibre entre productions locales et contenus formatés ou importés.​
Quand les médias jouent la sécurité, ils laissent de côté toute une relève émergente qui n’a pas encore les codes, les relais ni les budgets promo des grosses machines.​

“+ DE PLACE” : un cri venu du terrain

C’est dans ce contexte que la FACIR* a lancé la campagne + DE PLACE, un appel clair à accorder plus de temps d’antenne, de visibilité et de reconnaissance à la scène musicale locale.
La campagne s’étend sur un an, avec un lancement prévu le 23 avril 2026 au Volta, et s’inscrit dans la continuité des « états généreux » qui ont mis à nu la précarité et le manque de soutien structurel vécu par les artistes.

  • DE PLACE ne réclame pas un coup de projecteur ponctuel, mais une place plus juste et durable pour la musique belge francophone dans le paysage culturel : quotas repensés, programmations moins paresseuses, médias plus curieux.
    À travers cette campagne, les artistes rappellent que sans une meilleure exposition locale, il est difficile de construire des carrières, de remplir des salles ou même de simplement exister aux yeux du public.​

Septmille : un média qui part du territoire

C’est là que Septmille entre en jeu : média citoyen né à Mons, il fait partie de la “famille des Mille” qui a choisi de partir des codes postaux pour raconter la culture au plus près des gens.
Avec ses chroniques, son agenda foisonnant et sa communauté passionnée, Septmille plonge les habitant·es dans la culture locale et donne une vitrine concrète aux artistes, collectifs et lieux de diffusion du Hainaut occidental.

La plateforme wallonne commune lancée par Quatremille, Cinqmille, Sixmille et Septmille se fixe un objectif simple mais ambitieux : répondre en même temps aux besoins du public (« que faire ce week‑end ? »), des artistes (promotion, visibilité) et des opérateurs culturels (diffusion, entrées).
Avec un agenda interactif, des interviews, des chroniques et une présence digitale active, ce réseau casse les distances entre villes, relie les scènes et permet à un projet monté dans une salle de quartier d’exister à l’échelle régionale.

Une autre façon de “faire média”

L’enjeu d’un média comme Septmille n’est pas seulement de parler de musique, mais de comment on en parle : en donnant la parole aux artistes, en documentant les coulisses, en couvrant les petits lieux, les collectifs DIY, les soirées qui ne rentreront jamais dans les radars des grandes rédactions.
Cette approche horizontale, proche du terrain, permet de visibiliser des esthétiques minoritaires, des scènes en friche, des expérimentations qui n’ont pas encore de place dans les playlists mainstream.​

En travaillant main dans la main avec les Comptoirs des Ressources Créatives de Mons, Namur, Charleroi et au‑delà, la famille des Mille tisse un écosystème où média, soutien aux créateur·ices et maillage territorial se renforcent mutuellement.
Ce maillage offre aux artistes non seulement un relais de communication, mais aussi un espace pour être accompagnés, rencontrer d’autres acteurs, et inscrire leurs projets dans la durée.​

Donnons (vraiment) plus de place

Si la campagne + DE PLACE pointe les angles morts des grands médias, Septmille et ses partenaires montrent qu’une autre voie est possible : celle d’une plateforme qui assume pleinement sa mission de service public culturel local, même sans en porter le nom.
En relayant la musique locale, en couvrant les scènes “à 7000”, en racontant les trajectoires des artistes et collectifs, Septmille ne remplit pas seulement un agenda : il participe à redessiner le paysage médiatique, à partir du terrain et pour celles et ceux qui y créent.

La question n’est plus de savoir si la musique locale mérite sa place dans les médias, mais quels médias sont prêts à la lui donner réellement, au‑delà des bonnes intentions.​
Pour l’instant, ce sont souvent des plateformes comme Septmille qui ouvrent la marche : à nous, public, programmateur·ices, institutions, de suivre le mouvement et de faire en sorte que “+ de place” devienne la norme, pas l’exception.

 

*FACIR, c’est la fédération des musicien·nes de la Fédération Wallonie‑Bruxelles, créée en 2013 et composée uniquement d’artistes de tous styles qui défendent ensemble leurs droits et leurs conditions de travail.

Publié le 18 Mars 2026 par
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uman flow
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