Duel à Mouscron : quand l’art fait feu

Mon ami et moi arrivons au vernissage à la Colt Art Gallery pour découvrir l’exposition Duel.
Et déjà, le face-à-face commence.

Deux mondes s’offrent à nous : le noir et blanc d’un côté, la couleur de l’autre. Entre les deux, une œuvre s’impose au centre, comme une trêve silencieuse, un pont fragile entre ces univers opposés.

Le dessinateur Mathéo Loridan charge son barillet de beretta comme on prépare un tir décisif. Ses armes ? Crayon, fusain, poudre de graphite. Sa technique est redoutable. Le réalisme de ses œuvres frappe immédiatement : corps sculptés par la lumière, détails saisissants des muscles et des veines, maîtrise subtile des ombres, finesse des textures de tissus… Les nuances de gris semblent infinies, révélant toute la puissance du contraste entre le noir et le blanc.
Face à ses œuvres, impossible de rester indifférent. Mathéo a tiré et il a fait mouche.

En face, le peintre Simon Gillart dégaine un .44 Magnum déjà prêt à faire feu. Ici, la couleur explose. Les dégradés sont maîtrisés avec élégance, l’esthétique est forte, assumée. Ses toiles troublent et interpellent. Elles regorgent de symboles, de références aux grands maîtres qui l’inspirent et auxquels il rend hommage avec finesse. Toutes ne me sont pas familières, hélas mais cela participe aussi au mystère.

Quand Simon dégaine, c’est avec l’assurance d’un cowboy à la Clint Eastwood. Son travail nous pousse à réfléchir : à la société, à notre rapport au monde, à l’image. Pourtant, une légèreté subtile traverse l’exposition, notamment à travers ses détournements d’articles de presse qui esquissent un sourire sur mon visage. Qu’il travaille le journal, le papier ou la toile, la passion est palpable.

Conclusion ?
Ce duel artistique a un goût d’harmonie. La confrontation de ces deux univers, de ces styles et de ces techniques différentes, enrichit l’exposition et lui donne toute sa profondeur. Loin de s’opposer, ils se complètent.

Dans un duel, on se demande toujours qui l’emporte.
Ici, j’ai le sentiment qu’il n’y a ni vainqueur ni vaincu. Le seul gagnant, c’est le spectateur témoin privilégié de la rencontre entre deux passionnés, face à face.
 

Publié le 21 Février 2026 par
Fabian Danhier
Danhier Fabian
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