Existe-t-il encore des gens qui, armés de leurs seuls poèmes, posent des balises tout au long de nos parcours, parfois sinueux, de vie ?
C’est vrai, ils sont devenus rares, il est d’usage désormais de les traiter de benêts, de nigauds...
C’est cruel, et pourtant ça tend à devenir la norme. Alors qu’il y a peu encore, au temps où l’espoir était permis d’envisager un monde tournant enfin rond, ils étaient légion.
Pour s’en convaincre, on est allés voir une expo en forme de brève histoire d’une époque où les rêveurs avaient la cote...
En ce début de siècle de cynisme absolu où la haine de l’autre s’impose comme la valeur nominale d’un monde de plus en plus belliqueux, il est bon de se rappeler qu’il fût un temps où la bienveillance, la vraie, celle que partageait les gens qui s’asseyaient sur les marches des « portt’ de d’vant » les soirs d’été, servait encore de rambarde à l’escalier grinçant des férocités de l’existence.
J’avais six ans en 1966… Et je me souviens encore de son apparition au balcon de l’Hôtel de Ville de Jemappes… s’ensuivirent mai 68, les rêves, les espoirs, les combats… puis, l’âge faisant, sont arrivées l’indifférence et ses mesquines intolérances.
De quoi rayer les couches de vernis qu’on avait posées à l’époque sur nos aspirations…
Malgré moult désenchantements vécus tout au long des années qui suivirent, jamais l’ image du petit gars de Jemappes ne fut ébranlée, tout simplement parce qu’elle véhiculait, et elle le fait encore, des valeurs de tendresse et d’authenticité.
Rassurez-vous, il va très bien, il vient d’ailleurs de sortir un album…
Salvatore Adamo Des nèfles et des groseilles Universal Music France 2025
Indépendamment de cette sortie discographique, la Maison Communale de Jemappes a décidé de lui consacrer une exposition.
Une expo centrée sur les périodes siciliennes et jemapiennes du chanteur, la scénographie et les typographies utilisées, toutes soignées, y sont délicates et apaisantes, délicieusement démodées en vue d’être totalement en phase avec l’état d’esprit d’un Jemappes au temps des mid-sixties.
Par ailleurs, elles incitent, alliées aux objets exposés, à la (tendre) mélancolie.
On y prend son temps, les infos sont diluées dans la douceur et dans l’espace, on y est bien...
Au fil des pas naît un plaisir réconfortant, pour la mémoire et pour les yeux. (*)
En fin de compte, on est ressortis de là un rien émus, touchés, et, avouons-le, un peu nostalgiques.
Mais surtout on en est ressortis avec le sentiment d’avoir vécu à nouveau des fragments de vie oubliés …
Des fragments issus d’une époque où l’altruisme était encore un sentiment précieux.
En un mot comme en cent, en remontant dans l’auto, on a eu l’impression d’être meilleurs.
Vous permettez...Monsieur… Que les gens vous remercient ?
Entrée gratuite via la Bibliothèque de Jemappes
Du 21 novembre 2025 au 7 mars 2026
Réservation conseillée…
https://www.visitmons.be/fr/agenda/adamo-racines-et-resonances-681257
Horaires
Mar, mer, ven : 10h–17h
Jeu : 10h–16h
Sam : 10h–12h30
Fermé : 28/11, 04/12 & du 21/12 au 05/01
(*) Septmille devrait sous peu vous dévoiler les coulisses de l’expo… Stay Tuned ...
À bientôt?
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