L’effervescence chez FRACAS !
Lorsque l'on rentre, il y a de l'excitation dans l'air. La galerie est en effervescence, pleine de monde… et d’œuvres ! C'est le genre de vernissage où l’on ne sait plus où donner de la tête. Tu fais les premières bises, échanges quelques phrases rapides, et déjà, du coin de l’œil, tu prends mesure de l’ampleur du travail de Nils Dieu, artiste mis à l'honneur à FRACAS durant le mois de février. Il y en a partout : des dessins accrochés aux murs, rangés dans des classeurs petits et grands formats, des céramiques, des tee-shirts. À gauche en entrant, une série de scènes de vie surgies de l’imagination de l’artiste. Sur l’entièreté du mur de droite, des portraits difformes qui t'observent et qui attendent la même chose en retour. Et, croyez-le ou non, ce n’est que le début : l’envie d’en apprendre davantage sur l’artiste et son travail est immédiate.
Un vent de liberté
Originaire d’Etterbeek et installé à Mons, Nils Dieu est un artiste autodidacte qui multiplie les techniques. Mine de plomb, crayons de couleur, pastel, céramique… Il explore un monde où l’humain, les animaux et les objets côtoient l’imaginaire. Les courbes se mélangent, les formes se trouvent. Nils travaille à l’instinct et, la plupart du temps, par série. Quand il se dit qu’il va dessiner des têtes, il en dessine des dizaines, voire des centaines, sans chercher à se comparer ni à se laisser influencer consciemment par d’autres artistes. Une question se pose donc naturellement pour tous les créateurs et créatrices : comment votre vision de l’art et votre travail seraient-ils influencés si vous n’étiez pas traversé par autant de références ? Sans doute cela se traduirait par quelque chose de plus brut et plus proche de votre essence profonde. Un lâcher prise aussi, dénué de questions tantôt utiles et tantôt moins. C'est probablement ce fameux flow dont tout le monde parle pour le moment.
D’ailleurs, en parlant du mot « brut », Nils ne se reconnaît pas dans le style d’art éponyme. Pour lui, il fait simplement ce qu’il fait, avec ce qu'il a à sa portée sans éprouver le besoin de coller une étiquette à son travail. Nommer, ce serait presque figer, lui préfère créer sans se fixer de limites.
Souffle de vie et lâcher-prise
Les œuvres de Nils Dieu sont organisées par séries et par thèmes, offrant un parcours à la fois structuré et surprenant. On peut croiser des portraits abstraits en nuances de gris, côtoyant des portraits aux couleurs vives, ou encore des dessins saturés de teintes acides réunis dans un classeur. Parfois, une cohérence étonnante se dégage entre les pièces, comme si elles avaient été réalisées dans la même journée. De temps à autres, le thème s’élargit et se transforme, laissant le visiteur voyager dans les pensées de l'artiste. Vous l'aurez compris, la force de cette exposition réside dans sa liberté et sa spontanéité. Il donc est essentiel de ne pas chercher trop de sens, d'observer ses premières impressions et de laisser couler ses émotions.
Une inspiration infinie
Entrer dans cette expo, c’est tomber dans un labyrinthe de surprises. Il y a des œuvres dans tous les coins, tu ne sais pas où regarder en premier, mais tu sais aussi que tu as le temps de t’arrêter devant chaque pièce, de les observer longuement, de les apprécier pour ce qu’elles sont. Heureusement qu’elle est là pour un mois, cette exposition.
On dit souvent que la quantité nuit à la qualité. Ici, c’est tout l’inverse. Nils nous rappelle que chaque instant est création et que cette création doit avant tout exister pour soi-même, sans se soucier de ce que les autres pourraient penser. Et c’est précisément cela qui touche. Dans sa manière de créer, il nous ramène à l’essentiel : l’insouciance, le naturel. On les aime ses œuvres parce qu’elles nous renvoient à notre fragilité intérieure, à nos imperfections, à nos fantasmes. Et ça fait du bien, en fait !
Brise légère, cœur éveillé
En définitive, cette plongée dans l’univers de Nils Dieu, c’est bien plus qu'une expo. C'est une invitation à redécouvrir sa propre sensibilité à travers celle de l'artiste. On se perd dans les dessins, les portraits, les céramiques, on rit, on s’étonne... Chaque recoin de la galerie réserve son lot de surprises, laissant surgir chez chacun un semblant d'âme d'enfant. On repart le cœur léger, avec le sentiment d’avoir été touché par un monde à la fois intime et profondément humain.
- Lieu : Galerie Fracas, 50 rue des Capucins, Mons
- Dates : 5 au 28 février 2026, mercredi à samedi, 10h‑18h
- Infos : crcmontois@gmail.com
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