TOURNAI RAMDAM FESTIVAL , le festival du film qui dérange revient à Tournai
Du 16 au 26 janvier, Tournai accueillera une nouvelle édition de RAMDAM – Festival du film qui dérange, un rendez-vous incontournable pour les cinéphiles en quête d'un cinéma audacieux, engagé et résolument contemporain. Fidèle à son esprit frondeur, le festival propose cette année une programmation riche et exigeante, à découvrir sur www.ramdamfestival.be.
Avec 66 longs métrages et 42 courts métrages, RAMDAM confirme son ambition : explorer les marges, questionner le monde et donner une voix aux récits qui bousculent les certitudes. Le festival s'ouvrira en force avec Le Mage du Kremlin, le nouveau film d'Olivier Assayas, figure majeure du cinéma européen, donnant le ton d'une édition placée sous le signe de la réflexion politique et de la liberté artistique.
Une compétition foisonnante et engagée
La compétition met à l'honneur des œuvres fortes et singulières. Parmi les longs métrages en lice, on retrouve notamment À pied d'œuvre de Valérie Donzelli, Baise en ville de Martin Jauvat, Follies d'Erica Boulianne, N121 – Bus de nuit de Morade Aissaoui, Nuremberg de James Vanderbilt, Omaha de Cole Webley et The President's Cakede Hasan Hadi.
Les courts métrages belges ne sont pas en reste, avec des films remarqués tels que Peckerhead, Gadje, Côté court ou encore Koffie in Lourdes. Du côté international, plusieurs œuvres attirent déjà l'attention : Majoneze, Rhubarb Rhubarbe et Les Jardins du paradis, promesses de découvertes cinématographiques marquantes.
RAMDAM pour tous les publics
Toujours soucieux d'élargir son public, le festival propose également BALANCE TON SHORT, un concours original dédié aux courts métrages de moins de deux minutes, ainsi que des séances spéciales Kids pour les enfants de 4 à 8 ans et de 8 à 12 ans, permettant aux plus jeunes de s'initier au cinéma d'auteur.
La soirée de clôture sera marquée par la projection de La Maison des femmes, le nouveau film de la réalisatrice Mélissa Godet, une œuvre forte et sensible qui viendra conclure dix jours de cinéma engagé.
Une présence artistique exceptionnelle
Tournai RAMDAM festival se distingue aussi par la richesse de ses rencontres. De nombreux invités seront présents à Tournai pour accompagner leurs films et échanger avec le public, parmi lesquels Laurent Micheli (Nino dans la nuit), Ante Pas(Peckerhead), Lionel Delhaye (Côté court), Atakan Yilmaz (Hi Rom, It's Me Loulou), Karim Rabhani (Surebrist), Martin Jauvat (Baise en ville), Quentin Noirfalisse (Pas nos poisons éternels), Elina Leloup, Morade Aissaoui(N121 – Bus de nuit), Valérie Jalengo (Higher Than the Sky) et Valéry Carnoy (La Danse des renards).
Enfin, parmi les fictions belges à retenir, L'Enfant bélier de Marta Bergmann s'annonce comme l'une des belles découvertes de cette édition, aux côtés de nombreux autres films prometteurs.
Avec sa programmation audacieuse, son ouverture à tous les publics et la présence de nombreux cinéastes, le RAMDAM confirme une fois encore sa place singulière dans le paysage des festivals européens : un espace de cinéma libre, dérangeant et profondément nécessaire.
Courts-métrages : l'émotion et la diversité plébiscitées par le public
Dans la catégorie Prix du public, les courts-métrages ont su toucher toutes les générations.
Chez les plus jeunes, « La légende du colibri » de Morgan Devos (France) a remporté le prix KIDS 4–8 ans, grâce à son récit sensible autour de la préservation de la forêt amazonienne.
Le prix KIDS 8–12 ans a été attribué à « Il est une fois – Le petit chaperon belge » de Patrick Volve (France), une relecture moderne et décalée du conte de Charles Perrault.
Le Prix Génération distingue « Allez ma fille » de Chloé Jouannet (France), porté par Thomas Jouannet, Mado Jouannet et Sophie-Marie Larrouy, pour son regard juste et intime sur la parentalité et les fragilités contemporaines.
Parmi les œuvres les plus marquantes, « Côté Cour » de Lionel Delhaye a reçu le prix du court-métrage belge le plus dérangeant, tandis que « Koffie in Lourdes » de Kyoko Scholiers a été sacré meilleur court-métrage belge, salué pour sa profondeur émotionnelle et son travail sur la mémoire.
À l'international, « L'enfant à la peau blanche » de Simon Panay (France) a été désigné court-métrage international le plus dérangeant, et « Upshot » de Maha Haj (Palestine, France, Italie) a remporté le prix du meilleur court-métrage international.
Prix du jury Génération : regards dérangeants et récits initiatiques
Le Prix du jury Génération pour le court-métrage le plus dérangeant a été décerné à « Quota » de Job Roggeveen, Joris Oprins et Marieke Blaauw (Pays-Bas), une fable dystopique percutante sur les dérives du contrôle environnemental.
Le prix du meilleur court-métrage Génération revient à « Brûlure Douce » de Jade Debeugny (Belgique), chronique estivale délicate sur l'amitié, le passage à l'âge adulte et la fin de l'innocence.
Côté longs-métrages, « La Danse des Renards » de Valéry Carnoy (Belgique, France) s'est distingué comme long-métrage Génération le plus dérangeant, tandis que « Sandbag Dam » de Čejen Černić Čanak (Croatie, Lituanie, Serbie) a remporté le prix du meilleur long-métrage Génération.
Cinéwomen et jeunes regards critiques
Le Prix Cinéwomen – Une femme inspirante a été attribué à Sara Shahverdi pour « Cutting through rocks », réalisé par Sara Khaki et Mohammadreza Eyni. Un documentaire puissant retraçant le combat d'une femme iranienne contre les traditions patriarcales.
Le concours de critique cinématographique Clip-Clap, organisé en partenariat avec la Confédération parascolaire du Hainaut, a récompensé :
- Koch Luna (Belgique),
- Crepel Clara (France),
- Patteuw Thibault pour le Prix Open Clip-Clap.
Documentaires : le réel comme électrochoc
Dans la catégorie documentaire, le Prix du public du documentaire le plus dérangeant revient à « Black Water » de Natxo Leuza (Espagne), un film saisissant sur les migrations climatiques au Bangladesh.
Le prix du meilleur documentaire est attribué à « The Encampments » de Michael T. Workman et Kei Pritsker(États-Unis), plongée au cœur d'un mouvement étudiant majeur contre la guerre à Gaza.
Le Prix du jury de la critique et de la presse a également distingué « Cutting through rocks », confirmant l'impact international du film.
La Mention coup de cœur a été décernée à « La vie après Siham » de Namir Abdel Messeeh (France, Égypte), une œuvre intime et profondément émouvante sur le deuil, la mémoire et la transmission.
Fictions : l'intime et le politique en miroir
Enfin, dans la catégorie fiction, le Prix du public de la fiction la plus dérangeante a été attribué à « Mother's Baby »de Johanna Moder (Allemagne), thriller psychologique troublant autour de la maternité.
Le prix de la meilleure fiction revient à « All that's left of you » de Cherien Dabis (Jordanie, Allemagne), fresque familiale retraçant sept décennies d'exil et de résistance palestinienne.