Entre le Mont-Saint-Aubert et le Mont-de-l'Enclus s'étend un paysage que l'on croit connaître : des lignes horizontales, des fermes, de vastes ciels au-dessus des champs, le genre de scène qui a nourri des générations de peintres régionalistes et forgé, dans nos imaginaires, une carte postale mentale de la ruralité.
C'est précisément dans cet écart entre l'image rêvée et le territoire bien réel que s'installe, depuis le 22 août, la toute première édition de la Biennale BUTOR.
Jusqu'au 4 octobre, le hameau du Butor et le village de Molenbaix, en Wallonie picarde, se transforment en un vaste terrain d'exposition à ciel ouvert.
Un nom qui donne le ton
Butor : le mot désigne d'abord un petit héron des marais, aux pattes courtes et au cri de taureau, passé maître dans l'art du camouflage. Dans le langage courant, c'est aussi un synonyme de « grossier personnage ». Un double sens que les commissaires Julien Foucart et Robin Legge ont choisi comme fil rouge : entre présence discrète et irruption maladroite, la biennale s'amuse des tensions entre l'image sage de la campagne et la vie qui continue, bruyamment, d'y avoir cours.
« Les artistes n'ajoutent pas un autre monde au paysage : ils révèlent les mondes qui coexistent déjà en lui. »
— Julien Foucart et Robin Legge, commissaires de la Biennale BUTOR
Une boucle de 3,5 km, entre champs et village
Le point de départ, c'est la ferme d'Écavée, sur un domaine de 8 hectares. De là, le parcours serpente sur environ 3,5 km à travers plus de 25 zones d'exp sition : prairies, drève, bosquet, cour de ferme, hangar, avant de rejoindre le village de Molenbaix lui-même, où le terrain de foot, le mur du château ou l'église Saint-Ghislain deviennent à leur tour des lieux d'exposition à part entière. Comptez deux heures trente à trois heures trente pour boucler l'ensemble et prévoyez de bonnes chaussures de marche : le site n'est pas praticable en chaussures de ville.
Vingt artistes, quarante œuvres inéditesPour cette première édition, une vingtaine d'artistes belges et internationaux ont été invités à concevoir des œuvres pensées spécifiquement pour ce territoire, ses friches agricoles et ses sites patrimoniaux.
On y croise notamment Charlotte Beaudry, Claude Cattelain, Jacques Charlier, David Claerbout, Adrien Tirtiaux, Maarten Vanden Eynde ou encore Xavier Mary, dont l'installation « Chakra 4 » sert d'image phare à cette édition. Sculpture, installation in situ, vidéo, peinture, art conceptuel et participatif: les médiums se répondent d'une zone à l'autre, sur plus de quarante œuvres réparties le long du parcours.
Une balade à ne pas manquer
Reste que la meilleure façon de comprendre ce que BUTOR a dans le ventre, c'est encore d'y aller. La biennale se visite jusqu'au 4 octobre, du jeudi au di- manche, dans une ambiance qui tient autant de la balade dominicale que de la découverte artistique de quoi profiter des derniers beaux jours autrement qu'en salle d'exposition. Sur place, la Romantikhütte et le restaurant La Bavette permettent de faire une pause gourmande, et il est même possible de loger sur le domaine, à l'Hôtel Ferme d'Écavée, pour transformer la sortie en petite escapade.
VENEZ Y FAIRE UN TOUR
Biennale BUTOR Ferme d'Écavée, Molenbaix (Wallonie picarde)
Jusqu'au 4 octobre 2026, du jeudi au dimanche, de 10h30 à 18h00
Pass : 10 € (5 € étudiants, pensionnés et habitants de Celles, gratuit -12 ans)
Visites guidées sur réservation accès PMR sur demande
Infos et billetterie : butor-biennale.be