Vous connaissez le cycle HORS-TEXTE conçu par l’ équipe de La Maison Losseau ?
Non ?
On vous explique…
L’idée est épatante : Explorer les interactions qui lient l’art de l’écrit à l’art pictural moderne, et donc, en jouant sur ces deux tableaux, proposer aux visiteurs des avalanches de couleurs débordant d’un socle littéraire, une complémentarité comparable à celle qui lie les fleurs à leur vase en somme…et qui, bien agencée, autant en termes de floraisons que de pots, peut être source d’enchantement.
Doit-on revenir sur l’attachement passionnel qu’éprouvait Léon Losseau pour la littérature?
Doit-on revenir sur la magie de l’instant où il découvrit, dans une remise bruxelloise, un ballot de livres en piteux état ?
Le sujet a déjà été traité, ily a quelques années, par l’équipe de La Maison Losseau, à l’époque j’avais écrit un truc là dessus… Si ça vous dit, c’est ici.
En terme d’assise littéraire, le choix Arthur Rimbaud s’imposait donc comme base de départ.
Pour ce qui est des couleurs, la sélection de Dominique Thirion est loin d’être anodine elle- aussi…
Originaire de Mons, diplômée de l’ENSAV-La Cambre et vivant désormais à Bruxelles, Dominique conçoit des toiles qui fleurent bon l’impertinence, le soda sucré et la pop culture, ses acryliques, parfois classiques, parfois pétantes, presque toujours malicieuses soulèvent des envies d’allégresse, bien que teintées à l’occasion de désirs de réflexion contemplative.
De plus, les travaux présentés, réunis pour l’occasion sous le titre Rien en moi n’obéit ont quelque chose de narratif, de… littéraire.
Pas étonnant de la part d’une bibliophile convaincue, fan, entre autres, de Murakami.
On aurait pu s’attendre à une expo à deux vitesses, l’une, picturale, n’obéissant à rien (Aaah, cet intitulé d’expo…) et respirant la spontanéité, suivie de l’autre, plus solennelle, évoquant la respectabilité d’un personnage ainsi que la splendeur de son cadre de vie…
Et pourtant, les deux univers s’interpénètrent sans problème… Grâce, entre autres, à deux idées géniales… Celle de baliser le site de textes d’auteurs comme Claire Lejeune ou Marcel Moreau, mais surtout de sceller l’union de ces deux mondes à l’aide d’un poème de... Rimbaud.
Voyelles (1883), véritable ode à la synesthésie, est en effet un texte tout indiqué pour que ces deux univers cohabitent, sous une forme ludique qui plus est, vu que l’artiste a parsemé le joyau de l’Art Nouveau de petits cubes colorés, agencés de manière à former des phrases (les enfants et les bienheureux qui le sont restés apprécieront).
Quittons cette expo au charme multi-focal avec une œuvre à quatre mains (deux grandes et deux petites )... des mains de petite(s) fille(s) réinterprétant à leur manière la vénérable dignité d’un austère monsieur barbu… L’omniprésent maître des lieux... Léon Losseau.
Un tableau dépourvu de toute moquerie, mais au contraire gorgé de tendresse, à l’image du parcours proposé.
Voilà, une chose est sure, faire cohabiter des mondes divergents est possible, Dominique Thirion et l’équipe de la Maison Losseau y sont parvenues.
À voir donc, pour les œuvres, pour la démarche, pour la maison...
Et puis surtout… N’oubliez jamais que…
À bientôt ?