Préface.
L’holothurie, (ou concombre de mer) est un animal appartenant à l’embranchement des échinodermes…
Et savez-vous ce que fait une holothurie lorsqu’elle est meurtrie, blessée, parasitée?
On pourrait penser que, aigrie par les coups du sort, elle se mette à piquer à tout-va à l’image de son cousin l’oursin...
Or ce n’est pas son genre, sous des airs de dure à cuire elle est trop bienveillante pour ça, non, en fait, elle s’éviscère, elle expulse les organes atteints et ensuite, patiemment, elle les régénère…
Une illustration parfaite, en somme, d’un mot particulièrement galvaudé… La résilience.
Et de ça, il sera question ici.
Vif du sujet.
Je connais Vivian depuis une décennie, dix ans durant lesquels je l’ai vu performer, exposer des concepts, glorifier l’anodin, matérialiser des pensées, des mal-être, des traumas personnels, avec une fascination pour l’exercice physique, le répétitif et la symbolique du quotidien, j’ai parfois eu peur qu’il ne se fasse mal, tout en sachant que le fait d’exposer, où mieux, de s’exposer, lui était nécessaire.
Vivian mène une quête, une quête poétique, certes, mais faite de poèmes intransigeants, de ceux qui sentent la transpiration d’un marcel patriarcal ou l’odeur musquée des textes de Baudelaire.
Trajectoire, (en cours, à la galerie FRACAS ) est un déploiement d’œuvres de Vivian et l’ensemble a des airs d’épilogue…
L’épilogue du premier tome d’un livre, celui qui retrace sa vie à travers celle de sa famille et de ses souffrances…
Alors oui, c’est une exhibition intimiste, personnelle, poignante… et miraculeusement exempte de pathos.
On ressort secoué de cette expérience intime, mais surtout on se retrouve enrichi d’une fabuleuse leçon d’humanité, et pourquoi pas, d’un sentiment réconfortant de partage, pour ceux qui auraient eu à affronter des épreuves similaires.
Trajectoire?: C’est l’expo bouleversante d’un artiste qui se « met à nu ».
D’une violence émotionnelle troublante, elle est à ressentir autant qu’à voir…
Postface.
FRACAS, 25 juin, jour de vernissage…
j’ai revu un Vivian apaisé, soulagé d’avoir, en quelque sorte, commencé à évacuer, au prix d’un effort difficilement imaginable, quelques décennies de tourments.
Vivian, tout en évoquant le triomphe de la lumière sur l’obscurité et sans jamais sombrer, comme il aurait pu le faire, dans l’amertume et la provocation, va pouvoir se reconstruire, patiemment...
Comme l’holothurie.
TRAJECTOIRE (Vivian Barigand)
Galerie FRACAS, Mons,
du 25/06 au 18/07/2026
Ouvert tous les mercredis, jeudis, vendredis et samedis de 10h à 13h et de 14h à 18h.
Entrée gratuite.
À bientôt ?