Peut-être est-il utile de rappeler que le Salon du Bon Vouloir, c'est avant tout l’œuvre d'un respectable cercle artistique montois créé en 1895, destiné à dynamiser et à promouvoir, une fois l'an, l'Art local.
Peut-être faut-il également rappeler que ce qui rend l’événement sympathique, c’est le souci qu’a son jury de rechercher sans cesse l’audace, l’innovation, voire l’impertinence…
Le vernissage de l’édition 2026 ?
Il s’est très bien déroulé, merci…
On y a vu, comme chaque année, un éventail d’œuvres qui charment autant qu’elles interloquent…
Voilà.
Mais quel est l’intérêt de cette chronique ? Direz-vous.
Il tient, cette année, dans les discours d’inauguration…
Le malaise général du secteur artistique y a été souligné avec insistance jusqu’à en acquérir une dimension quasi palpable.
Bien sur, il y a l’aspect financier, les coupes budgétaires… C’est évident, mais, plus que tout, il y a ce rabotage intellectuel à grande échelle voulu en très haut lieu et depuis peu mis en œuvre par moult oligophrènes agités sévissant de part et d’autre de l’Atlantique…
Et donc l’Art serait inutile ?
L’éveil au belles choses tiendrait du superflu ?
Les serrements de cœur deviendraient soudain sans objet ? Improductifs ?
L’avenir s’énoncerait donc bientôt à l’aide d’un échantillonnage restreint de mots où les termes "rentabilité" et "pragmatisme" se tailleraient la part du lion dans un dictionnaire devenu famélique?
L’ inhumanité à brève échéance en quelque sorte…
Et pourtant, loin d’être bêtes, les gens savent tout ça…
les Arts nous avait prévenu...
On a bien eu l’« Art moralisateur », le pâteux, celui qui sent le déodorant bon marché, pétri des bons sentiments des gourous qui en tiennent les rennes, il est généralement lié à des causes fédératrices tellement évidentes qu’elles en deviennent simplettes (« la guerre c’est mal », « la pollution, c’est pas bien », « harceler, c’est pas gentil » etc.), mais cette forme d’Art a l’inconvénient majeur d’écœurer à hautes doses...
Plus grisantes sont par contre ces toiles et ces sculptures souvent subversives, elles engendrent la réflexion et émerveillent, bousculent, secouent, indisposent jusqu’au frisson, jusqu’à la larme, parfois…
Des créations humaines, en somme, qui rappellent à quel point on peut être vivant.
Dans ce cas, ça tombe bien, le jury du Bon Vouloir n’a rien d’un prof de morale, il fait en sorte que les travaux exposés suscitent, suggèrent, provoquent interrogations et ravissements…
C’est très bien comme ça.
Et puis, entre nous, ensevelis jusqu’au cou dans une jungle anxiogène peuplée d’incitations à l’anesthésie émotive, piégés dans un simulacre de vie se dirigeant tout droit vers le formatage neuronal à grande échelle, il est primordial que nous cultivions le beau, que nous nous interrogions, que nous confrontions nos «nous-mêmes» aux vibrations d’un Art sur lequel d’aucuns tentent à jeter le discrédit.
En d’autres termes, entrez en résistance, lisez des livres, voyez des expos, écoutez de vrais disques, et gardez intacte la vulnérabilité qui sommeille en vous…
Le Bon Vouloir 2026 s’ouvre donc, suite à ses discours d’ouverture, au militantisme, peut-être le salon sera-t-il enjoué l’année prochaine ? Où alors, au contraire ténébreux comme il l’avait été durant l’ère Covid ?
Peu importe, après tout ça prouve qu’il est en bonne santé, et la puissance de feu des œuvres exposées cette année le démontre…
Des œuvres, en fait, qui n’attendent plus que vous.
Le Salon du Bon Vouloir 2026
Infos Pratiques .
NB : Les majuscules affectueusement posées sur le mot Art sont voulues, le pauvre est tellement malmené en ce moment qu’il en a bien besoin.
À bientôt?