Une première chronique, c’est un peu comme une première impression, elle risque d’inconsciemment influer sur les états d’âme du reste de l’an …

Il est donc conseillé, en janvier, d’éviter tout sujet sombre, et, si possible, d’asperger la morosité du moment de grosses giclées de positivisme.


Pour ce faire, on a quitté notre cocon montois , direction La Louvière, une ville à priori austère mais qui s’enorgueillit d’un terreau artistique notable (Achille Chavée, Pol Bury…), du reste, elle est également dotée d’une dynamique remarquable ainsi que de quelques pôles culturels épatants. (la Bibliothèque du Gazomètre, le MILL, le Centre de la céramique KERAMIS, le Théâtre, … et bien sûr le Centre de la Gravure et de l’Image Imprimée, dont il sera question ici).


Si on a évoqué le Centre de la Gravure et de l’Image Imprimée, c’est tout simplement parce que c’est là que sont accrochés une partie des travaux de Sara Conti, une artiste bien connue (Vous vous souvenez des imposantes matriochkas imprimées sur d’énormes feuilles de papier collées à même les briques des murs de Mons en 2015 ?… C’était elle).

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Sara est belgo-italienne, de ses racines transalpines elle a gardé le côté impulsif et spontané, ses dessins purifiés de tout détails inutiles font d’avantage penser à d’antiques œuvres étrusques ou grecques qu’à d’austères dessins réalistes des contrées boréales… Le personnage et ses travaux ont donc quelque chose de … Comment dire ?… Thallasoïde.

Un dessin de Sara, c’est un peu comme un verre de Chianti dégusté à une terrasse toscane un jour de printemps… C’est simple, joyeux, solaire.

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Sara prône le féminisme resplendissant, celui qui illumine et qui n’hésite pas à faire la fête quand le temps est au beau, tout en sachant faire face aux affres de la vie dès que l’orage des phallocraties menace.

L’artiste propose cette année, entre autre, une série appelée Les Géantes… D’énormes divas bienveillantes et chatoyantes, assez théâtrales en fait (le mot théâtral s’imposait, chaque «Prima donna» transfigurant son corps en scène et son manteau en rideaux).

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L’expo CORLANDIA (dont le nom n’est ni plus ni moins qu’une première pression à froid des mots «cœur» et «territoires») fait la part belle au positivisme, le féminin en particulier, et à ses valeurs de tendresse, de détermination, mais aussi d’humour.

Au final, ce mélange de sentiments variés suinte à profusion des pores de dessins organiques à l’émotion pleinement assumée.

Une expo réjouissante, peu avare en jolies couleurs et en contradiction totale avec la grisaille d’un monde où la femme doit, hélas, à nouveau livrer bataille pour des droits qu’elle pensait pour toujours acquis.

À contre-courant de tout sentiment d’amertume, l’exubérance et la (fausse) naïveté de CORLANDIA semblent dire merci à la vie et à son éventail de ressentis féminins…

Et peu importe d’éventuelles escarmouches machistes.

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Centre de la Gravure et de l'Image Imprimée

10 Rue Des Amours
7100 La Louvière

Tel : 064 278727

Entrée : entre 3 & 8 €

à partir de 3 ans


Mardi: de 10:00 à 18:00
Mercredi: de 10:00 à 18:00
Jeudi: de 10:00 à 18:00
Vendredi: de 10:00 à 18:00
Samedi: de 10:00 à 18:00
Dimanche: de 10:00 à 18:00

Du 9 décembre 2025 au 22 mars 2026

https://www.facebook.com/centredelagravure

 

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NB : Du 23/02 au 27/02, l’artiste organise un stage pour adultes…

Tenté(e)? 

C’est ici.

https://www.facebook.com/events/1239998031330954/?ref=110

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_______________

 

 

Et puis...

Il serait injuste de clôturer cette chronique sans vous faire part d’une impression étrange…

La Louvière fut autant sidérurgique que le Borinage ne fut minier… En tant que cité post-industrielle, on s’attendait à se farcir des rues tristes, des assemblages insipides de maisons de rangée, de celles qui dépensent une énergie vaine à se démarquer des autres à coups de châssis en PVC ou de bacs à géraniums…

Soyons francs, ce fut le cas.

C’était pourtant prévisible, les maîtres de la fonte de l’époque visaient l’efficience par le conformisme, la régularité par l’uniformité.

Mais c’était jusqu’à ce qu’on fasse l’effort d’épousseter les scories du passé métallique et céramique de la ville pour s’intéresser à son volet culturel.

Et là, en cherchant bien, on a découvert des trésors.

Entre autre ce Centre de la Gravure et de l’Image Imprimée, une ancienne piscine devenue supermarché puis nid de diverses échoppes, et qui fut inauguré et intitulé officiellement en 1988 : Le Centre de la Gravure et de l’Image Imprimée de la Communauté française de Belgique.

 

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Évidemment, lu comme ça, ça sonne pompeux.
Ce qui l’est moins (pompeux), c’est la vitalité de l’endroit et l’intensité émotionnelle des œuvres qui y sont exposées. On y retrouve des gravures de Charley Case, de Pierre Alechinsky, et de beaucoup d’autres, elles revisitent le terme « gravure » en mettant en lumière sa vocation première… La gravure, c’est physique, ça creuse, ça incise, ça scarifie des supports inorganiques… 

Bien pratiquée, elle parvient également à sculpter l’affectif, elle questionne en la ciselant la spiritualité du vivant… 

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En quête de références ultimes ? David Lynch y a exposé des lithos… C’est dire.

Allez à La Louvière, faites abstraction de ses rues coupées à angles droits, cette ville a une âme pour qui sait l’apprivoiser.

Le Centre de la Gravure et de l’Image Imprimée en est un exemple.

Bref, un lieu à voir autant qu’à ressentir.

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Du reste, on compte remettre les pieds très bientôt dans la cité de la Louve, avec au programme une visite du Centre de la céramique KERAMIS...

Ça vous dit ?

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À bientôt ?

 

 

Sacrebleu, j’allais oublier… Bonne Année les gens !

 

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Publié le 29 Décembre 2025 par
daniel godart

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