Quatorze ans que le Plan Incliné se transforme, le temps d'un week-end d'août, en scène à ciel ouvert. Et quatorze ans que Ronquières tient la même ligne : mélanger têtes d'affiche internationales et artistes de chez nous, sans hiérarchie, sans case "scène locale" reléguée en bas de programme. Une conviction éditoriale qu'on partage entièrement, ici, à Septmille. D'autant plus qu'on parle d'un festival planté en plein Hainaut occidental, sur notre territoire. Alors on avait envie de vous embarquer dans cette édition 2026.

Vendredi 7 août : la Belgique en tête de gondole

La soirée d'ouverture pose d'emblée un symbole fort en confiant le sommet d'affiche à Oscar and the Wolf. Max Colombie, c'est une des plus belles trajectoires pop belges de la dernière décennie : l'indie folk d'Entity en 2014, la dance euphorique d'Infinity en 2017, le synthpop cinématographique de TASTE en 2024. Un univers immédiatement reconnaissable, capable de faire déplacer 20 000 personnes d'Anvers à Istanbul. Le voir fermer cette première soirée au Plan Incliné, franchement, ça fait sens.

Et il ne sera pas seul dans l'esprit : en décembre dernier sortait Jardin, un EP commun avec Roméo Elvis, qui joue lui aussi ce vendredi. Deux Belges, un Flamand et un Wallon, frère d'Angèle et plume acérée. Une collaboration née d'un dîner improvisé, et qui résume assez bien ce que la scène belge sait faire de mieux quand elle choisit de s'unir plutôt que de se cloisonner.

Hooverphonic, eux, jouent dans une autre temporalité : trente ans de carrière, un son toujours identifiable entre trip hop, électro et pop orchestrale, et Geike Arnaert de retour dans le groupe depuis 2020. Ils viennent tout juste de fêter les 25 ans de The Magnificent Tree à la Lotto Arena. Les voir à Ronquières, c'est une leçon de musique belge bien vivante.

Adèle Castillon (l'ex-Videoclub), portée par son deuxième album solo Crèvecoeur, complète le tableau, aux côtés de Suzane, Acid Arab et Joachim Pastor pour une soirée qui brasse large.

Samedi 8 août : entre légende britannique et machine de guerre électro

Le samedi appartient à DJ Snake côté sommet d'affiche. William Grigahcine, c'est Lean On, Taki Taki avec Selena Gomez et Cardi B, et depuis novembre 2025 l'album Nomad, une musique sans frontières qui puise autant au Maghreb qu'en Amérique latine ou en Afrique. C'est aussi un artiste qui n'a jamais hésité à utiliser sa notoriété pour ce qui compte pour lui : ses prises de position répétées en faveur de la Palestine, sur scène comme sur les réseaux, font partie de son identité.

En face, Suede, et c'est un cadeau. Le groupe de Brett Anderson signe l'un des comebacks les plus marquants du rock britannique : séparation en 2003, retour en 2010, cinq albums depuis, dont Antidepressants en septembre 2025, que Brett Anderson décrit lui-même comme un disque post-punk sur l'anxiété et la recherche de connexion dans un monde fragmenté. Un groupe qui n'a jamais autant créé que depuis son retour.

Fatal Bazooka, Rilès, Felix Da Housecat complètent une soirée sans répit, aux côtés de Pommelien Thijs, qui mérite une mention à part : une des artistes belges les plus populaires du moment, et sa présence ici dit quelque chose de la capacité de Ronquières à réunir les deux communautés du pays sur une même scène.

Dimanche 9 août : fermer en beauté, avec la promesse de demain

Macklemore pour clôturer. Thrift Shop, Same Love, Can't Hold Us : des hymnes qui ont tourné dans des millions de voitures et d'écouteurs. Son album BEN (2023) a montré un artiste plus personnel, plus vulnérable, parlant ouvertement de ses batailles contre l'addiction. Sur scène, c'est une force généreuse, communautaire.

Charlotte Cardin arrive elle au sommet de sa trajectoire : nommée Billboard Global Woman of the Year 2025, portée par l'album 99 Nights et le succès radio de Feel Good, elle prépare un troisième album pour l'automne 2026, plus cinématographique, plus électro. La voir à Ronquières juste avant cette sortie, c'est une vraie chance.

Et puis il y a Iliona. La Bruxelloise de 25 ans, née presque en même temps que le festival, incarne une génération qui compose dans sa chambre, produit ses propres sons, écrit ses propres clips. Son premier album What If I Break Up With U? (mars 2025) l'a menée jusqu'à l'Olympia de Paris. Une voix qu'on situerait entre Françoise Hardy et Stromae, mais qui ne ressemble en réalité qu'à elle-même. Si vous ne la connaissez pas encore, c'est le moment.

Disiz en figure tutélaire du rap français, Joyhauser en clôture électronique, et côté belge Marguerite, Todiefor et Lovelace referment une dernière soirée généreuse et ouverte.

Ce que Ronquières fait, que peu d'autres font

Ronquières, ce n'est pas qu'une belle affiche dans un cadre spectaculaire. C'est un projet qui a décidé, depuis le début, que les artistes belges méritaient les mêmes lumières que les noms internationaux. Pas par bienveillance de façade, mais par conviction. Voir Oscar and the Wolf en tête d'affiche, aux côtés de Hooverphonic, Roméo Elvis, Iliona, Pommelien Thijs, Calumny, Moodylow, Globul, Todiefor ou Lovelace sur la même ligne que DJ Snake, Macklemore et Suede : c'est un signal.

Dans un contexte où la culture belge doit encore se battre pour être reconnue à sa juste valeur, un festival qui affirme haut et fort que les artistes de chez nous tiennent la comparaison avec n'importe qui d'autre, ça compte. Pas par chauvinisme, mais par honnêteté artistique. Et cette affiche-là n'a rien à envier à aucun festival européen du même calibre.


📍 Lieu : Plan Incliné de Ronquières, Braine-le-Comte 📅 Dates : du vendredi 7 au dimanche 9 août 2026 🎟️ Billets : disponibles sur ronquieresfestival.be

Les péniches, elles, n'attendent pas.

Ronquiere line up
Publié le 28 Juillet 2026 par
sgfsgs
Casteleyn Alexandre
Photographe
Vidéaste

Tu vas kiffer aussi

Logo

À vos plaques, prêts ? Gravez !

L'Bar des Vièz’rîes Montoises

Des Vièz’rîes... pas si ringardes !

Esther Stevens Franck Debosque exposition

Peaux de la ville : ralentir pour enfin regarder

evenement urbain mons

Mons Street Party : la ville entière passe en mode cultures urbaines

vivian vign

La régénérescence des échinodermes.

éole music cover

Eole Music Experience au Domaine du Chant d’Eole

quartier génial

Quartier Génial : pendant trois jours, Houdeng apprivoise la mort en fête

Lucia Bru, (movidas) - Photo : Philippe De Gobert. © SABAM Belgium 2026

Sculpter l’espace - Lucia Bru, Aux choses mêmes

Franz Baden-Baden

Franz Baden Baden à la galerie GRAM