Ce qu’il y a de jouissif dans l’art, mais aussi dans la rédaction de chroniques y afférentes, c’est l’impression de liberté de création et de ton qu’on peut y prendre, l’art se singularise par son rejet des limites, il peut être repoussant ou au contraire captivant, immoral ou vertueux, contestataire ou conformiste (quoique sa raison d’être ait nettement moins d’intérêt dans ce cas précis ), l’art ne s’envisage que totalement libre, tant en matière de propos que, par exemple, d’alliances interdisciplinaires.

Et d’alliance interdisciplinaire il sera question ici.

Fort de l’expérience As You Wish (Galerie Xavier Hufkens, février 2026 ), le trio Anne Teresa De Keersmaeker / Steven Fillet / Alain Franco remet le couvert avec l’expo Belle-Île.

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Photo: Steven Fillet

Le projet a vu le jour au sommet d’une falaise de la célèbre île du Morbihan en 2024.

Un projet paramétriquement instable où s’entremêlent l’intemporalité grandiose d’une nature en constant renouvellement et deux petites choses posées là, pas tout à fait par hasard, sur une toile de cent mètres carrés, occupées à figer des moments… L’une et l’autre s’attelant à garder des traces de mouvements fugaces inspirés autant des lieux que de principes géométriques, avec pour seule règle celle, irrégulièrement régulière, des éléments.

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Photo: Isabelle Arthuis
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Photo: Isabelle Arthuis

 

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Belle-Île, l’expo…

 

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Photo: Isabelle Arthuis

En premier lieu, il y a la toile, désormais morcelée en sept panneaux, sept morceaux témoignant d’une brève connivence entre une bâche, une falaise, deux artistes et un océan.

Et si je vous parlais d’alliance interdisciplinaire, c’est justement qu’aux toiles vont se juxtaposer des démonstrations chorégraphiques se clôturant sur une œuvre de Beethoven ( la sonate n°32 en do mineur, Op 111, sa toute dernière, en fait ).

Car oui, l’expo Belle-Île s’agrémente de quelques performances, (Amnesia), d’Anne Teresa De Keersmaeker.

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Photo: Isabelle Arthuis

D’abord il y a l’aube, le réveil… 

Des soubresauts pulsatiles

Chaotiques, à l’image du lieu, des instants.

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Photo: Herman Sorgeloos

Ensuite il y a l’air…

Les bourrasques d’un Éole enragé

L’ondoiement des plantes de la falaise

Et les rayons brûlants du soleil d’automne.

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Photo: Herman Sorgeloos

Puis il y a l’océan…

À peine suggéré au départ, il déboule

Avec ses lames, ses ressacs, 

L’immuabilité farouche de ses vagues..

Le bal des laminaires

Les hordes de galets sapant le pied des falaises.

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Photo: Herman Sorgeloos

Enfin il y a Beethoven

Il remplace au pied levé le grondement des vagues. 

Les pas dès lors se font terrestres.

Le bruit du frottement des pieds nus sur le parquet ciré.

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Photo: Isabelle Arthuis

La performance, côté spectateur, a des relents de vents iodés venant du golfe de Gascogne, sont présentes également des impressions épidermiques où s’enchevêtrent la fraîcheur des embruns et la sécheresse cuisante des rayons solaires... 

Seul le vacarme de la houle manque à l’appel, mais ce n’est pas grave, les autres perceptions s’en trouvent grandies…
 

 

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Discussion à bâtons rompus avec Steven Fillet(extrait)


 

Moi : -Mais pourquoi Beethoven ? Bon, OK, choisir La Mer de Debussy eût été quelque peu « téléphoné »... Non?


SF : - (franc sourire) … Beethoven ?… Mais... pour le ROMANTISME !


Moi : - Ben oui… Mais pourquoi cette sonate, c’est sa dernière, avez-vous voulu introduire quelque chose de définitif, de… heu… "terminal" dans Belle-Île ?


SF: - (sourire et réflexion)… Ha mais...Là, c’est à vous de voir.


Moi : - (silence songeur) … Je l’aime bien, cette réponse.


 

_________________

 

Les artistes…


 

Anne Teresa De Keersmaeker : Une sommité mondiale de la danse contemporaine…Fondatrice de la compagnie Rosas, elle est éprise de musiques anciennes, contemporaines, d’équations mathématiques et de nature.

Steven Fillet se singularise par sa totale liberté de mouvement, refusant le cloisonnement des genres, il tient plus que tout à son autonomie artistique, même s’il doit pour cela rester en marge du système. Osant l’abstraction comme le figuratif, l’intime et le monumental, Steven Fillet est un adepte des matériaux basiques et de l’impermanence.

Alain Franco : Post-Master en musicologie du XXe siècle, son interprétation de la sonate de Beethoven fait partie intégrante de l’expo. 

Son intérêt pour les performances et la chorégraphie est à la base de son implication dans des projets tels que celui-ci.

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 Belle-Île.

(Anne Teresa De Keersmaeker/ Steven Fillet / Alain Franco) 
Du 06/09  au 01/11/26.

 

MACS

Site du Grand Hornu

Rue Sainte-Louise, 82

7301 Hornu

https://www.mac-s.be/fr#847

Performances Amnesia : 13/09, 04/10, 25/10, 01/11  (14h / 15h30 /  17h)

Réservation: https://www.billetweb.fr/macs-performance-amnesia

 

 

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Photo: Maarten Vanden Abeele

 

  À  bientôt?

 

 

PS: On ne vous le dira jamais assez... Soyez curieux!

 

 

ai

 

 

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Publié le 8 Septembre 2026 par
daniel godart

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