Dorothée Van Biesen - Quand le textile fait lien !
Parler chiffon, ma passion !
Surtout quand il s’agit de récup, d’upcycling, de détournement, et le tout pour la bonne cause.
Tournai, ancienne cité drapière, ville qui a longtemps vécu au rythme des métiers à tisser et du commerce textile apparaît comme une évidence pour accueillir ce projet.
La Maison de la culture de Tournai propose, pendant tout l’évènement « FILGOOD » un ensemble d’activités (expos, spectacles, ateliers,…) pour se questionner sur nos habitudes de consommation, notre rapport au textile, nos vêtements… Or comme chacun sait, l’industrie textile est l’une des plus polluante.
C’est à la petite Galerie du Lapin, au sein de l’Académie des Beaux-Arts, que ma curiosité m’a emmenée pour y découvrir une expo haute en couleurs et qui fait réfléchir !
Celle de Dorothée Van Biesen, couturière d’image.
Messhetics, un désordre esthétique
Artiste textile contemporaine belge, Dorothée développe un travail situé entre arts visuels, pratiques artisanales et installations. Une pratique centrée sur le réemploi des matériaux, faite d’assemblage, de couture, de collage, de patchwork…
Elle participe à de nombreuses expositions en Belgique, notamment dans des contextes liés à la création textile contemporaine.
Un premier geste : le don, la trouvaille
Dorothée Van Biesen travaille principalement autour du textile et des matériaux récupérés.
Elle part de ce qu’elle reçoit : tissu, morceaux d’images, broderies anciennes,… Elle les assemble pour créer un recueil de l’imaginaire, de fragments de couleurs, de textures…
La couture devient lien, elle compose et recompose des tourbillons visuels pour un monde plus fort et plus doux.
L’artiste se constitue un répertoire de matières : sacs plastiques, bannières, draps, peluches qui donne à ses œuvres hybrides une seconde vie, une seconde histoire. Ses pièces sont à mi-chemin entre le jouet et le portrait, créant une atmosphère presque étrange, voire dérangeante. Ainsi, parfois une scène textile faussement naïve glisse vers le macabre.
Ce glissement du ludique vers l’inquiétant n’est pas anodin. Il ouvre sur une réflexion plus vaste, où la matérialité des œuvres devient indissociable des enjeux écologiques et sociaux, de l’impact de l’industrie textile, avec des matériaux portant des traces de vies anonymes qu’elle réanime.
L’exposition propose ainsi une autre manière de voir et de faire : ralentir, réutiliser, transformer, qui nous encouragera, je l’espère, à tisser un monde plus durable, solidaire et sensible.
Exposition visible jusqu’au dimanche 17/05
Ouvert du mercredi au dimanche de 14h00 à 18h00
Galerie du Lapin
Rue de l’Hôpital Notre-Dame,14
7500 Tournai.