Nouvelle expo photo de Rino Noviello aux Ateliers des FUCaM

L’exposition « En passant par là, regard sur un territoire ordinaire » de Rino Noviello s’installe aux Ateliers de l’UCLouvain en Hainaut (Ateliers des FUCaM pour les connaisseurs) comme une lente mise au point sur ce que nous ne regardons plus vraiment. Ce territoire « ordinaire » – ces rues traversées sans y penser, ces façades croisées du coin de l’œil, ces espaces de passage plus que de destination – devient sous son objectif un véritable terrain d’enquête sensible.

Rino Noviello s’inscrit dans une tradition de photographie documentaire qui refuse la spectacularisation du réel pour lui préférer la persistance du quotidien. Ici, pas de grands paysages héroïques ni de gestes dramatiques : des trottoirs, des carrefours, des zones d’attente, des marges urbaines composent un récit fragmenté du Hainaut contemporain. Le photographe se fait marcheur patient, guettant moins « l’instant décisif » qu’un léger décalage : une lumière qui accroche un mur, une trace d’occupation, une absence insistante de présence humaine qui, paradoxalement, parle de nous.

L’exposition propose une soixantaine d’images qui fonctionnent comme autant de micro-cartes sensibles du territoire. Ce qui n’apparaît sur aucun plan urbanistique – la manière dont un banc est réellement utilisé, les trajets obliques que dessinent les passants, les interstices entre deux fonctions officielles de la ville – trouve ici une visibilité nouvelle. Les photographies ne documentent pas seulement des lieux ; elles révèlent des usages, des manières d’habiter, une forme de bricolage quotidien qui contredit l’idée d’un territoire figé, déjà défini une fois pour toutes.

Présentée dans un lieu universitaire qui revendique la culture comme partie prenante de la formation et de la réflexion collective, l’exposition prend une dimension presque pédagogique. Elle rappelle que l’image peut devenir un outil de projet, au sens où elle nous aide à penser ce que nous faisons de nos espaces, ce que nous acceptons de laisser dans l’ombre et ce que nous choisissons de rendre visible. En sortant de la salle, difficile de repasser « en pilote automatique » dans les rues alentours : le regard a pris une infime distance, ce léger décalage qui fait que l’ordinaire ne l’est plus tout à fait.

Publié le 13 Février 2026 par
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