Faut-il encore parler de sectes ?
Dans le langage commun d’un·e Européen·ne aujourd’hui, la secte apparaît comme un groupe dangereux à éviter. Dans cette perspective, sa définition semble faire l’unanimité : un groupe, dirigé par un leader charismatique, qui manipule, ment, enferme, vole, viole même éventuellement ses adhérent·es et les amène à réaliser des actions nuisibles pour elleux-mêmes, pour leur entourage ou pour la société. La menace paraît d’autant plus pressante à l’ère des réseaux sociaux.
Pourtant, les groupes visés par ce terme diffèrent d’un pays à l’autre, même dans des pays dont les cultures semblent proches, comme le France, la Grande-Bretagne ou la Belgique. Ils ne suscitent pas les mêmes actions de la part des États. En Europe, non seulement il n’y a pas de consensus sur la politique à mener contre les sectes, mais en plus l’emploi du terme fait débat.
Comment expliquer ces différences et divisions ? Que révèlent-elles ? Le constat de cette hétérogénéité appelle à se méfier de cette notion et pose la question de son utilité. De quoi parle-t-on exactement ?
Cette conférence proposera deux déplacements : d'abord, qualifier précisément les dérives préoccupantes (sexuelles, thérapeutiques, économiques, idéologiques…) plutôt que d'utiliser un terme générique; ensuite, comprendre les enjeux individuels et collectifs qui sous-tendent un désir de croire pouvant mener à la mise en danger.
Invitée : Nathalie Luca, nthropologue, directrice de recherche, CéSor (CNRS/EHESS), autrice de plusieurs livres et articles.
Animation : Salvatore Ribaudo et J-Paul Renier