Cycle art contemporain & littérature
Chapitre 1 : DOMINIQUE THIRION
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Le cycle HORS-TEXTE met en lumière les pratiques d’artistes qui entretiennent un rapport singulier avec la littérature au sens large. Pour cette première édition, Dominique Thirion (1962, Mons) investit la Maison Losseau avec plusieurs propositions caractéristiques de son univers plastique.
À sa sortie de l’ENSAV-La Cambre, l’artiste abandonne la peinture pendant une vingtaine d’années pour se consacrer pleinement aux actions participatives débutées en 1980. L’irrévérence qu’elle cultive est nourrie par la joie, l’humour et l’amour. Ses réflexions l’amènent à développer un travail performatif favorisant les rencontres dans le champ de l’art relationnel, au sein duquel les témoignages et la récolte de mots et de récits occupent une place centrale.
À partir de 2008, elle se tourne vers l’écriture et le dessin. L’année suivante, invitée par le S.M.A.K., elle publie Incomplétude, une édition qui compile, entre autres, ses principaux textes. Elle revient à la peinture en 2012, tout en développant des créations en danse et en musique, et en poursuivant l’écriture sous diverses formes.
Dans cette exposition, Dominique Thirion présente une sélection de peintures récentes. Éclectiques et généreuses, elles naissent — comme ses autres travaux — de coïncidences, d’histoires et d’anecdotes. Sa peinture traduit ce qui anime l’artiste au quotidien. Elle fonctionne par rebonds, condensant ses expériences intimes ainsi que son rapport au monde et à l’actualité : une forme de créolisation plastique. Son travail est avant tout libre. Hors de tout carcan et sans hiérarchie, il puise dans un réservoir de formes, de mots et d’idées, accordant la même valeur à une esthétique classique qu’à un symbole de la pop culture.
Le titre, Rien en moi n’obéit, évoque l’impertinence d’une artiste qui refuse tout dogme et n’obéit qu’aux liens qu’elle tisse, nourrit et suscite pour donner forme à une expression plastique franche et empreinte de poésie.
Pour la partie classée de la Maison Losseau, Dominique Thirion s’appuie sur le poème « Voyelles » (1883) d’Arthur Rimbaud pour traduire plastiquement des phrases choisies dans les textes de Claire Lejeune, Marcel Moreau et Arthur Rimbaud. Cette proposition devient une énigme à résoudre autant qu’un jeu formel qui questionne le passé du lieu.
Enfin, l’artiste a invité Patrick Taliercio à présenter son court-métrage, Le Rêve de Bismarck (Découverte d’une crotte de nez d’Arthur Rimbaud), qui retrace sa découverte d’un texte inédit de Rimbaud.
Dans ce premier chapitre, les œuvres de Dominique Thirion s’imposent comme des surfaces de résonance où s’entrechoquent l’intime et le politique. Elle transforme l’acte de peindre en une écriture poétique, indissociable de son attention constante à l’humain et à ses récits.