Après « Ni dieu ni maître mais du rouge » et « L’Âge de bière », Eric Boschman, le sommelier le plus célèbre de Belgique, revient à Braine-le-Comte boucler la boucle de sa trilogie avec « Ça va saigner ! (si vous mangez ça) ».
« Ça va saigner », une promesse, un constat.
Il s’agit cette fois non plus d’histoires de boissons, mais bien d’un constat doux-amer autour des nourritures terrestres. Il ne s’engouffre pas dans le, désormais, sempiternel combat contre la malbouffe, mais il pointe d’un doigt acerbe nos incohérences quotidiennes.
De la tomate bio espagnole produite dans des conditions effroyables au nutriscore A pour des myrtilles marocaines en février, il passe en revue quelques dogmes qui font mal. À cela, on ajoute une belle couche de tendresse familiale, quelques touches wokistes (mais point trop n’en faut), et un final qui se rit de la mort.
L’homme a trouvé un palier : il a resserré son travail, moins fouillis, plus précis. Il touche où ça démange un peu, et on sort de là secoué. On mangera toujours du jambon prétranché bien rose et des fromages pasteurisés, mais avec un autre regard. Il ne se fait pas militant, ni même prêcheur ou croisé : ce n’est pas son style.
Il joue avec nous comme avec les maux de l’époque, en sautant de mot en mot. C’est tendu et nerveux, mais jamais minéral en fin de bouche…
En collaboration avec La Ferme du Planois
(texte par Le Poche théâtre)