Chronique – La fin d’une histoire à La Biche

Chronique et photos de François Chevalier

Une rue étroite en pavés en plein centre-ville, une grosse porte verte et derrière une petite cour avec des sculptures partout. Ça bouillonne de monde. Je traverse la cour, rentre dans le bâtiment et je découvre des murs, des classes remplies de dessins, de peintures, d’oeuvres avec des techniques que je ne connais pas. J’ai 13 ans et je suis avec mes parents à la journée portes ouvertes de La Biche.  J’y prendrai la première grande décision de ma vie. Aujourd’hui, 23 ans plus tard, je suis membre du jury pour le Brevet d’art.

Photo Facebook : @labichemons

Á La Biche, dès la 3ème secondaire, on peut apprendre de manière intensive les bases de l’art.

Son histoire, ses techniques, la gestion des couleurs, les perspectives, comprendre les vides, les volumes et j’en passe. On apprend à voir juste, à être critique. 

On passe 4 années à essayer, rater, recommencer.

On use des gommes, des pinceaux.

On remplit des carnet de croquis.

On ruine ses nouvelles baskets en renversant de l’encre de Chine.

On tchatche, on fricote, on fume des clopes… la vie quoi !

Et puis un jour on arrive au bout du cycle, il est temps d’avoir un premier regard extérieur sur son travail. C’est le Brevet d’Art.

Hier, c’était le grand jour, la fin d’un premier parcours artistique pour 26 réthos en Arts Plastiques.

Orchestré par Louis Spinhayer, le WonderProf de croquis d’observation, nous étions onze membres du jury à analyser un condensé du travail et des techniques que les étudiants ont pratiquées durant leur cycle.

Louis Spinhayer : « On estime qu’ils ont assez vu nos tronches et que malgré toute l’expertise et les compétences qu’on peut leur apporter, il est quand même temps, quand ils arrivent vers 18-19 ans, qu’ils soient confrontés à des professionnels. C’est important pour eux d’avoir une appréciation autre que scolaire, c’est ça l’esprit du Brevet d’Art.  Un projet mené en concert avec les autres Instituts Saint-Luc de Tournai, Bruxelles et Liège, le choix est fait de placer la barre haute. Si l’on obtient le Brevet d’Art, c’est vraiment qu’on se détache du lot. »

Au terme du jury, onze étudiants ont décroché hier un Brevet d’Art dont deux avec mention.

C’est un petit coup de fouet pour les motiver à persévérer dans ce secteur qui est, on le sait, compliqué mais passionnant ! Et c’est en même temps pour eux, la fin d’une histoire à La Biche…

Et pour moi, l’occasion de retourner dans ce lieu rempli de souvenirs, de recroiser d’anciens camarades et enseignants qui m’ont permis de construire les débuts de ma petite histoire.

Plus d’infos sur La Biche ici