Urban Day Festival

Chronique et photos de Colin Rapaille

Il aura fallu près de deux ans pour que l’Urban Day Festival puisse enfin déferler sur la cité de la pierre bleue. Dans une ville où les jeunes se réapproprient l’espace urbain depuis quelques années, l’événement a été accueilli avec beaucoup d’énergie, tant par les artistes que par les spectateurs. Ce projet ambitieux a été porté par l’équipe de l’Espace culturel Victor Jara, soucieuse de donner sa chance aux cultures alternatives, mais aussi par le bouillonnant Melfiano, le local de l’étape :

« Très satisfait de l’initiative du centre culturel et de la réponse du public qui était vraiment en demande d’un event rap et hip-hop à Soignies. Historiquement, c’est aussi un des premiers festivals hip-hop qui se fait dans la région du Centre et qui peut se vanter de représenter toutes les disciplines qui s’y apparentent. »

Pour en savoir plus, voici l’aftermovie de l’UDF.

Et pour preuve, l’Urban Day s’est doté d’un planning chargé puisqu’il a la particularité d’être un des rares événements qui occupe la totalité des espaces que l’Espace culturel Victor Jara propose. Avec du skate dans son amphithéâtre, du graffiti sur ses murs, une expo photos dans son atrium (qui servira aussi de ring pour la dance battle de la soirée), c’est surtout une affiche musicale 100% hip-hop qui aura pris d’assaut la scène principale de la salle sonégienne. L’occasion pour Melfiano de s’entourer de complices de longue date tels que Fakir, l’Hexaler, Youssef Swatt’s (présent avec un combo guitare-batterie), mais aussi Ludus Libre, autre projet qui trouve ses racines à Soignies.

Melfiano : « En tant que Sonégien, c’est génial d’avoir pu participer à cette première édition. Avec la sortie de mon EP Vamos, j’étais honoré par l’accueil, l’énergie et l’amour du public lors de mon passage sur scène. Content aussi d’entretenir cette relation avec les Sonégiens et surtout avec le centre culturel qui m’avait déjà accueilli pour le festival Août en éclats. Je fais partie des artistes qui ont cette chance de tourner en Belgique, mais aussi en France et en Suisse. Finalement, jouer à domicile devient quelque chose de rare et de précieux, ce qui constitue une vraie réussite. »

Le temps d’une soirée, c’était aussi l’occasion de se rendre compte des nombreuses structures qui encadrent et dynamisent la jeunesse locale. On pensera notamment à Skate Ta Région, débarqué en force pour la démonstration de skateboard, mais aussi à la Maison des jeunes de Soignies qui multiplie les projets depuis de longues années. Toutes ces initiatives permettent d’affirmer sans crainte que le terreau est fertile pour les initiatives futures.

Melfiano : « J’étais ravi d’apporter cette pierre à l’édifice. Le centre culturel s’est bien positionné pour combler ce manque de rap et de hip-hop dans la région et j’espère que cela pourra inspirer d’autres institutions locales. À mon niveau aussi, j’espère pouvoir inspirer les nouvelles générations à se battre pour concrétiser leurs ambitions, les cultures urbaines ont de l’avenir. »

Difficile de donner tort à l’artiste, l’Urban Day festival aura littéralement donné le coup d’envoi des events similaires de l’été puisqu’il sera suivi de près par la Mons Street Party et la Hippie (jump) Parade de La Louvière.

Centre culturel Soignies

Melfiano