Interview : Colin Rapaille / KLSN 

Chronique d’Emmanuelle Bury / Photos de KLSN

Depuis 10 ans, Colin crée et dessine des formes abstraites déclinées sur de multiples supports : murs, bois, planches de skate, textiles, etc. Artiste multi-casquette, il aspire à vivre de sa création et de sa vision de directeur artistique au travers de son projet KLSN. 

Son actu : l’expo BRDS à la Galerie Chevalier à Binche du 6 au 15 mai.

Arrivé à Mons il y a deux ans par l’intermédiaire du boulot au CLICK, ce Sonégien amoureux de sa ville débarque avec l’envie d’ouvrir ses horizons, de rencontrer d’autres artistes et d’explorer de nouvelles technologies et techniques artistiques.

Infographiste et publicitaire de formation, engagé comme responsable de communication ou happiness manager, mais surtout photographe, illustrateur et artiste, c’est un véritable slasheur (ndlr : travailleur qui cumule plusieurs activités et identités dans sa vie professionnelle). « J’ai toujours été Jack of all trades but master of none (ndlr : touche-à-tout). J’avais un peu peur de ce côté multi-casquette, que les gens se disent : « Tiens comment ça se fait que ce mec fait des planches de skate le lundi, des photos le mardi et des dessins à la bombe ou des impressions en 3D le mercredi. » Je pensais que c’était une faiblesse d’avoir autant de passions mais en fait, non. Peu importe la voie choisie, ce qui est important, c’est de pouvoir créer et me présenter comme directeur artistique parce que c’est la vision artistique qui prédomine dans tout ce que je fais. »

Il y a deux ans, il décide de se consacrer davantage à son projet KLSN et de mettre en avant ses dessins, ces formes abstraites qu’il dessine depuis dix ans. « Je n’avais jamais trouvé intéressant de les montrer, je pensais qu’elles n’avaient pas de valeur artistique. Mais j’ai expérimenté, découvert de nouvelles techniques, appris à maitriser mon art pour sortir des pièces bien finies, bien terminéesAujourd’hui, KLSN c’est un projet artistique mélangeant graphisme, street art, récup’art, textile et photographie ».

A partir de septembre, il entrera en couveuse d’entreprise chez Avomarc avec le but de faire prospérer sa collection de fringues streetwear. « Pour l’instant, je travaille sur la collection été qui va bientôt sortir. Je teste le matériau, des vêtements en coton bio, polyester recyclé et garanti vegan par la PETA. Puis, je serai en incubation chez Avomarc pendant deux ans, jusque septembre 2024. Ça laisse le temps de tout donner. Avec la couveuse, je vais pouvoir développer mon identité, ma notoriété, donner du caractère à la marque et travailler le design de la fringue. Je ne veux pas sortir une énième marque de skate mais apporter quelque chose de durable et une qualité irréprochable. Pour le logo, il fait partie des formes que je dessine depuis toujours. Elle n’a pas de signification. C’est celle-là qui m’a plu, son impression de mouvement et c’est elle qui va définir la marque ».

La première fois qu’il a dévoilé son art au public c’était en juillet dernier, dans sa ville de Soignies. « Grâce à un coup de pouce de Belinda, j’ai exposé mes créations au café L’Alliance. Il y avait de tout : des planches, des imprimés, des impressions limitées, etc. Tout ce qui était chez moi. Mes murs étaient vides ».

Mais sa première expo en solo et en galerie c’est pour bientôt : BRDS du 6 au 15 mai à la Galerie Chevalier à Binche. « Cette expo BRDS, c’est un vrai défi à relever. C’est le challenge de sortir 15 planches de skate terminées et complètement différentes en termes de techniques : impression 3D, tampon, gravure laser, fil, pochoir, découpe vinyle, peinture, luminaire, etc. Rien ne se ressemble. »

Et pour l’explication du nom KLSN, c’est sur les bancs de l’école qu’il faut retourner : « Ça vient des surnoms qu’on se donnait à l’époque : Colin, Colson, Kolson. Et dans le graf, le truc classique quand on a un blaze, c’est d’enlever les voyelles, c’est donc devenu KLSN. Tout comme l’expo BRDS pour Boards. Le délire c’est d’essayer de trouver des titres en 4 lettres sans les voyelles. Je construis le caractère de la marque avec ce système-là. »

Pour le suivre :