Sarabandes Sidérales

Chronique et photos de Daniel Godart

L’écrivain montois, Tristan Alleman, vous accueillera le temps d’une soirée à la Maison Losseau, ce 21 avril, pour vous présenter ses œuvres. Septmille vous invite à aller à la rencontre de cet homme de lettres atypique du paysage littéraire hainuyer.

On pourrait parler des heures de streaming, de podcasts, d’hyperliens et des plateformes de téléchargement, on pourrait …

On pourrait passer son temps à louanger la dématérialisation hystérique des supports culturels.

Sauf qu’ici, quitte à paraître gentiment rétrograde, on va vous entretenir de choses palpables, volumiques, de choses qui interpellent autant le toucher que l’imaginaire, de choses lisses riches de feuillets tièdes et ouatés qui sentent bon l’encre et la cellulose, on va vous parler d’objets quasi vivants, qui se ploient un peu lorsqu’on les ouvre pour mieux reprendre leur forme, imperceptiblement, dès qu’on les dépose sur la table du bistrot, à quelques centimètres du café qu’on vient de terminer…

On va vous parler de livres, et, tant qu’à faire, on va vous parler de Tristan Alleman, parce que, ça tombe bien, il en fabrique.

Vous l’avez sans doute déjà aperçu en ville, tignasse exubérante, regard absent lorsqu’il cherche des mots ou sourire goguenard dès qu’il les a trouvés.

Ici, on ose penser qu’on le connaît, un peu… On avait été touché par Fugitives, Sidérales,  Sarabandes et Avoir fleurs, des livres en forme d’aphorismes, de fabliaux ou de nouvelles, des textes autonomes et des poèmes à ce point libres qu’ils s’affranchissent de vers (en cédant parfois à la tentation de l’alexandrin), un catalogue d’états d’âme parsemé de thèmes récurrents, véritable amoncellement de dénominateurs communs qui s’attellent au fil des pages à sceller l’ensemble… L’eau et le vent, l’apesanteur et la fuite, l’obscurité et l’aube, la liberté et la mort, le corps féminin et l’amour, la course et le pas, l’envol et la chute, l’absurde et l’humour aussi…

Inattendu, insaisissable, faussement naïf, Tristan surgit, suggère et s’éclipse brutalement, regard mutin, sourire en coin, vous laissant seul sur le trottoir avec dans la main une pile de feuilles frémissantes au vent du moment.

On pourrait trouver l’espièglerie bien innocente, sauf qu’à peine lus, ses mots, en entités autonomes, entament sournoisement un travail de sape.

Il est trop tard, il faut lire.

 Y a t’il une morale à tout cela?

Un sens caché ?

Un message nébuleux qui ne demande qu’à se laisser découvrir ?

Tristan ne vous répondra pas, il est déjà loin…

Toutefois il compte se poser ce 21 avril (dès 19h30)  à la Maison Losseau, histoire de proposer son univers absurdo-surréaliste en collocation, le temps d’une soirée… C’est gentil non ?

On vous y voit ? (Réservez, c’est mieux)

Et n’oubliez jamais… les livres, c’est bien.

Pour plus d’infos sur la rencontre avec Tristan Alleman c’est par ici