Chronique – Inspirez-vous !

Chronique de Fleur Sizaire

Jeudi dernier, le Plaza Arthouse Cinema accueillait la 21e édition des soirées Pechakucha Mons. Un Pechakucha – oui, oui, on dit bien « un », c’est un peu comme le buffet à volonté de l’inspiration, du streetfood au gastronomique, un bouillon de culture sauce locale où amateurs, pros, semi-pros, bénévoles partagent leurs projets, leurs envies, leurs inspirations.

Le principe d’un Pechakucha est le suivant : 20 images défilent toutes les 20 secondes au rythme du bla-bla d’un.e speakeur.euse (pechakucha signifie d’ailleurs bla-bla en japonais). À Mons, l’aventure a été lancée en 2013 et est actuellement portée par Sophie, Hélène et Gaétan. Chaque édition se déroule dans un lieu différent et est parfois guidée par une thématique commune. C’était le cas de cette dernière édition, greffée à une rencontre organisée par le Comptoir des Ressources Créatives de Mons sur les métiers du cinéma.

L’une des richesses de ces soirées réside dans le casting cinq étoiles des intervenant.e.s et leur diversité. Ainsi se sont succédé sur scène jeudi dernier un panel de travailleur.se.s du 7ème art, œuvrant devant et derrière la caméra, en amont ou en aval de la chaîne de création cinématographique, autant de maillons essentiels, mais pour la plupart invisibles : coopérative de production, réalisateurs, acteur, créatrice de websérie, directeur de festival, doubleur, comédienne, programmateur. 

Si leurs « titres » peuvent laisser croire à une soirée de niche entre professionnels, il en va tout autrement et c’est là un deuxième atout des soirées Pechakucha Mons. D’aucuns abordent les multiples facettes de leurs métiers, nous font entrer 6 minutes 40 chrono dans leur monde, d’autres évoquent leur vie professionnelle sous un angle plus intime. On se sent parfois témoin privilégié quand iels relatent la naissance de leur passion, ce moment charnière où les petites voix se sont faites grandes, où les paillettes dans les yeux se sont mises à briller plus intensément pour devenir une évidence : des après-midis passés avec une grand-mère fan de cinéma, une photo envoyée par un parent à un casting, une urgence à raconter, la contrainte de devoir se filmer. Ces grand.e.s rêveur.se.s ont un point commun : iels ont cru dur comme fer, envers et contre tout à leur projet. Pour certain.e.s, la route a été sinueuse, d’autres foulent les premiers mètres de ce chemin, d’autres encore le rêvent seulement. Et ces 6 minutes 40 sont aussi l’opportunité d’aborder leurs doutes, leurs peurs, leurs (dés)illusions.

On ressort de ces soirées avec la farouche envie d’écouter nos petites voix intérieures, revigoré.e.s par ce vent d’inspiration qu’on s’est pris en pleine face et la fierté de se dire que Mons regorge décidément de talents un peu fous, de passionné.e.s du bocal, de rois et reines de la débrouille et ça fait un bien fou !

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