Chronique – La Maison Folie en jachère

Chronique de François Chevalier / Photos de MARS

Longtemps décriée pour son manque d’ouverture aux associations et aux créateurs locaux, la Maison Folie tente de se rappeler de sa mission de base et veut rattraper le coup. Cette fois, MARS – Mons arts de la scène sonde la population avec une année d’écoute des besoins du terrain. Partant du principe que l’on ne peut pas se plaindre d’une situation qu’on n’essaye pas de changer, répondons en nombre à leurs enquêtes afin de redonner à ce lieu au potentiel incroyable une vie bouillonnante de culture locale.

L’idée initiale de la Maison Folie était, à son lancement en 2004, de créer un espace pluridisciplinaire, en perpétuelle métamorphose, qui évolue au gré des projets, des artistes et du public qui la fréquentent. Elle devait permettre aux associations culturelles de la région de venir tester leurs projets à taille réelle sur simple demande. Dans les faits, une infrastructure incroyable, plusieurs salles polyvalentes, une salle de spectacle, le tout bien équipé et, en son centre, une cour gigantesque. Cependant, l’accès « facilité » aux outils ne l’était pas tant que ça. Des tarifs parfois inaccessibles pour les petites bourses n’ont plus permis aux artistes locaux de s’emparer des lieux et ont forcé MARS à y développer une programmation. L’ambition initiale deviendra ainsi tout doucement difficile à atteindre.

La Maison Folie a aujourd’hui besoin de regagner la confiance des acteurs culturels locaux et doit avoir une mission plus compréhensible pour les citoyens. 

Nicolas Martin, Bourgmestre

C’est au départ de ce constat que la réflexion est née chez MARS – Mons arts de la scène, la plus grosse structure culturelle de la ville de Mons, détentrice de la quasi totalité des lieux de diffusion de la ville.

L’appel est fait aux citoyens, aux artistes et aux associations montoises de tous horizons.

La Maison Folie, annoncée depuis des années comme le lieu de tous les possibles, pourrait enfin devenir une véritable fabrique de liens, ouverte à tous. Conscient des erreurs du passé, MARS veut aujourd’hui développer une version adaptée aux besoins des acteurs locaux.

L’énergie semble bonne, le Bourgmestre présente une stratégie globale de la ville englobant de nombreux projets de redéploiement de la culture sur Mons.

Un développement de la vie artistique dans le quartier de la gare, dans la rue d’Havré en partenariat avec des associations locales et les écoles d’arts. Mais aussi d’autres pistes telles que les Casemates, l’Auditorium Abel Dubois et également une dynamisation similaire de la vie culturelle dans les villes voisines.

La co-construction du futur de la Maison Folie fait également partie de cette politique globale et j’en suis ravi !

Lieu de répétition, de diffusion, cantine ou autres projets ambitieux ; toutes les idées sont les bienvenues. L’occasion de se faire écouter, de tester et adapter des projets pour avoir une Maison Folie en 2022 qui réponde aux besoins, aux attentes et aux moyens financiers des petites structures, des artistes et des citoyens.

Moi, je souhaiterais une indépendance des projets, un accès facilité aux infrastructures, une ouverture à des outils de qualité aux créateurs locaux pour leur permettre de s’exprimer pleinement, dans des conditions optimales et un accès à l’alternatif sans regards sur la programmation.

Et vous ? Quels seraient vos besoins ou souhaits ?

Ne pouvant pas se plaindre d’une situation qu’on n’essaye pas de changer, nous, citoyens, artistes, structures locales, donnons nos recommandations ! Rappelons-leur les dérives du passé afin de construire un bel avenir pour ce lieu emblématique de la culture montoise.

Au-delà du projet, on parle d’un nouvel état d’esprit !

C’est vraiment tout ce qu’on lui souhaite.

Infos ici :