Interview d’Ambassadeur Savon

Chronique de Davy Koutiangba

Exit les soirées mousses, Ambassadeur Savon est là pour vous remuer le popotin ! C’est avec un charriot peint et décoré par ses soins que Pierrot Delor fait danser les foules. Cette discothèque ambulante lui permet d’aller au contact du public, au travers de sets de musiques électroniques tirées de la tech-house acid des années 90 et des sons waves des années 80. Dans cet entretien, l’artiste nous parle de son concept qui lui permet de sillonner la Wallonie et Bruxelles.

Septmille : Pourquoi as-tu choisi Ambassadeur Savon comme nom de scène ?

Pierrot : « J’ai cherché quelque chose d’original qui soit « peps ». Je me suis souvenu du film Edward Aux Mains d’Argent où une des actrices, quand elle débutait la vente de ses produits, s’appelait Ambassadrice Savon. Je me suis dit alors : « Je vais m’appeler Ambassadeur Savon ». Et c’est comme ça que j’ai gardé ce nom… Et ça marche ! »

Spt : Comment est née l’idée de jouer de la musique électronique dans la rue ?

P. : « Au début, je faisais de la musique qui restait de l’ordre du concert normal, c’est-à-dire des prestations en salle. Puis, j’ai eu l’idée avec un ami (le responsable du collectif dans lequel je suis) de construire un chariot pour jouer dans la rue. Cela date d’avant la Covid19. J’ai procrastiné un peu cette idée… Et puis, j’ai trouvé des fonds il y a quelques mois ! Que j’ai alors utilisés pour construire le chariot. Je l’ai peint et décoré moi-même. Voilà comment j’ai pu lancer Ambassadeur Savon en rue et cela a fonctionné directement ! Je voulais un chariot qui ressemble à celui des vendeurs de hot dogs aux USA : un dispositif qui rentre dans ma voiture, avec tous mes instrus, quelque chose de « déplaçable » et autonome, qui m’offre la capacité de jouer dans la rue et dans les champs. »

Spt : C’est quoi ton style ?

P. : « À la base, je suis percussionniste et ça fait à peu près neuf ans que je suis rentré dans le monde de l’électro. Quand j’étais adolescent, j’écoutais énormément du techno et de la musique électronique. Je participais à pas mal de festivals. J’adorais la musique électronique et je me suis dit qu’un jour j’en ferai. C’est un univers qui ne m’a jamais quitté. Je suis influencé par tout ce que j’ai connu comme musique sans oublier ce qui m’influence encore à l’heure actuelle.

Sur ce projet, je joue exclusivement de la musique électronique. C’est une musique faite de techno des années 90, de la synthwave des années 80. J’associe quelques sons acides avec la musique de jeux vidéo, du genre minitel, et le tout dans un univers bon enfant. Ce n’est pas une musique spécialement noire, et ça donne la patate et le sourire ! Je trouve que ça fait danser les gens et c’est le plus important dans un spectacle.

On a l’habitude d’entendre la musique électro dans des discothèques et dans des festivals. On assimile cette musique à des univers fort sombres, comme par exemple, le milieu de la drogue, ce qui n’est pas du tout vrai ! La musique électro peut se jouer dans une bonne ambiance et très familiale. Il n’y a pas longtemps, j’ai joué dans un café punk et c’était super drôle. Puis dans une brasserie et là-bas, c’était très familial. »

Spt : Des projets pour la suite ?

P. : « Je ne sais pas de quoi est fait l’avenir, mais je ne compte pas changer de tendance musicale. Ici, je vais travailler avec deux personnes, John John Mossoux et Laurent Elmer Dauvilée. Ce sont de supers bons comédiens, ce sont des collaborations qui pour moi vont me permettre de m’impliquer davantage dans mes projets dans la rue. 
J’ai aussi des projets électro-acoustiques où d’autres musiciens m’accompagnent et où j’associe de la vidéo.
»

Spt : As-tu le projet de réaliser un album ?

P. : « Pour le moment, je vends mes cassettes, et j’envisage de créer un nouvel album d’ici fin 2022, également sur cassette. J’ai aussi une envie, celle de lancer un album qui se vendra par trousse de toilette ! Et dans cette trousse Ambassadeur Savon, on trouvera un peigne, une brosse à dent etc. Il y aura un élément par morceau. »

Spt : Pourquoi des cassettes ?

P. : « Je trouve que ça revient à la mode petit à petit, c’est aussi à mon image et facile à transporter. Puis c’est assez significatif de l’époque. Le CD, même si c’est un super support, ne fonctionne plus depuis que nous sommes à fond dans le numérique, et le vinyle revient en force. Les vinyles m’intéressent moins parce qu’ils sont difficiles à transporter. Je trouve que la cassette c’est un bel objet qui peut décorer la maison et les miennes sont uniques par la pochette (même si les morceaux restent les mêmes). Je passe du temps à les enregistrer à la maison. Sur mes cassettes, on trouve des morceaux créés ces six dernières années. »

Spt : Où peut-on les trouver ?

P. : « On les trouve lors de mes concerts, et elles peuvent aussi être commandées via ma page Facebook. La cassette comporte sept titres sur la face A et six sur la face B . Mais toutes ces chansons sont aussi téléchargeables via un code de téléchargement. Pour l’avoir, il suffit de m’envoyer un e-mail à ambassadeursavon.info@gmail.com. Ce procédé me permet d’avoir un contact direct avec les personnes qui achètent mes œuvres. C’est intéressant d’avoir un lien avec son public je trouve.

Je parlais de mon projet de trousse à toilette plus tôt. Par exemple, dans cette trousse, je mettrai un code qui va permettre de télécharger les morceaux. Je me dis que ça serait rigolo de vendre quelque chose qui n’est pas de la musique mais qui permet d’avoir de la musique (rires). Pour moi, c’est la thématique et il faut que ça reste dedans. Par exemple, je fais des savons moi-même que je distribue souvent pendant mes prestations. Ça fait également office de carte de visite. »

Spt : Le mot de la fin ?

P. : « Ça fait plaisir de savoir qu’il y a un intérêt pour ce que je fais. Mon objectif, c’est de donner du plaisir aux gens, donner du sourire, et puis faire danser les gens ! »

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