Une inauguration au bord de l’eau…

Chronique et photos de de Christian Ducarreau

Ce samedi 25 septembre 2021 à 14h00 s’est tenue l’inauguration de l’installation artistique « Recueil » à la cascade d’Hyon en compagnie de l’artiste, des participants et des visiteurs. C’est dans une ambiance conviviale et festive que les personnes présentes autour de l’œuvre ont pu échanger leurs points de vues et trinquer à ce bel élan participatif. Ce furent les retrouvailles de participants heureux et admiratifs qui affichaient leurs sourires devant le résultat final.

Comme nous l’explique Muriel Loth de l’ASBL Blanc Murmure, son Centre d’Expression et de Créativité a été sollicité par VisitMons et la Fondation Mons 2025 afin de réaliser un projet d’installation artistique participative dans le cadre du Réseau à points-nœuds (VHELLO). La réalisation s’est faite en partenariat avec les habitants d’Hyon, ainsi que les deux écoles primaires du village.

Septmille : Peux-tu me décrire les éléments qui composent la fresque sur le mur qui jouxte la cascade ?

Muriel Loth : « Ce sont les enfants qui ont travaillé sur ces fleurs. Chaque fleur représente un morceau de patrimoine d’Hyon. On y retrouve les trois roues du moulin, le Saint Fiacre, la licorne, le vivier de brochets, etc… On y observe vraiment toute une part historique dans chacune de ces fleurs. »

Spt : Et concernant les éléments littéraires ?

M.L. : « Pour la partie littéraire, c’est issu d’un atelier mené par l’artiste local Nicolas Diricq, slameur montois. Des ateliers haïku ont eu lieu en compagnie d’une dizaine de participants. »

On retrouve donc sur le site de la cascade d’Hyon, et de façon pérenne à l’ombre des roseaux et des ponts, quelques jolis jeux de mots. Ce fut un exercice de style pour venir agrémenter le site, encore souvent considéré par certains habitants comme un écrin intouchable. Au vu de l’engouement qu’a suscité l’inauguration et la participation citoyenne, on peut dire que c’est une belle réussite d’intégration d’œuvres artistiques au sein de ce cadre bucolique et verdoyant. Le slameur et haïkiste Nicolas Diricq nous livre son ressenti face à l’œuvre finale.

Spt : Tu es l’animateur des ateliers d’écriture. Peux-tu nous expliquer ce qu’est un haïku et comment on le compose ?

Nicolas Diricq : « Oui tout à fait. Alors ici on s’est servi de la tradition du haïku mais nous l’avons un peu détournée de façon plus occidentale. Un haïku est composé de 17 mores réparties en trois vers de 5 / 7 / 5 syllabes. Originaires du Japon, ils font généralement référence à la nature, à ce qu’on peut observer, à la captation de l’instant. »

Spt : Est-ce que tes participants avaient des prérequis ? Comment se sont déroulés tes ateliers ?

N. D. : « Non, certains participants avaient déjà des prérequis dans l’écriture mais pas dans la rédaction d’haïku. Je leur ai confié les bases et un peu de théorie pour ensuite leur permettre de libérer leur créativité. On a eu un grand crû de textes, c’est un vrai plaisir de voir cela émerger de mes ateliers. Je suis très heureux de voir ces textes disposés de manière harmonieuse et aussi bien habiller l’espace. »

Spt : « Quel est votre ressenti en tant que visiteuse lors de l’inauguration ? »

Isabelle Baldacchino : « Je découvre à l’instant l’ensemble de l’œuvre. C’est en discutant avec l’équipe de Blanc Murmure que j’ai eu quelques explications concernant les fleurs sur le mur. Une petite fille présente aujourd’hui m’a d’ailleurs confié avoir participé au projet. Je trouve qu’esthétiquement c’est un travail de dentelles. C’est très très beau, ça s’intègre bien dans le cadre naturel du lieu et ça me donne envie de découvrir un peu plus l’histoire d’Hyon. »

Spt : «Êtes-vous une habitante d’Hyon ? Que pensez-vous de cette installation artistique ?

Annie Evrard : « Je suis une habitante du village depuis ma naissance il y a 60 ans. Je tiens à mes racines, je viens d’une famille de fourboutiers. Je trouve que cette œuvre redonne vie à notre cascade et à notre village. J’ai été participante de l’atelier d’écriture haïku et j’ai découvert cette façon d’écrire, j’ai rencontré de belles personnes et nous avons travaillé consciencieusement, mais aussi dans la bonne humeur. J’ai également participé avec M. Cédric Cordier, directeur de l’école Saint Joseph d’Hyon, où je suis secrétaire, à la réalisation de la fresque avec les enfants. »

Spt : « Quelle a été ton implication dans ce projet participatif ? »

Séverine Dieu : « J’ai été l’une des participantes de l’atelier d’écriture cet été. Je m’y suis rendue avec une amie. Je connaissais déjà le village d’Hyon pour y avoir travaillé par le passé. Je ne connaissais pas du tout les haïkus mais j’ai eu envie de découvrir cela. Je ne regrette pas du tout, car ce fut une belle expérience, j’y ai fait de belles rencontres et nous avons bien rigolé. C’est assez surprenant et assez perturbant de voir une phrase qu’on a inventée comme ça un jour qui se retrouve sous un pont de la cascade d’Hyon et qui va rester là pendant des années. »

Christian Ducarreau (Septmille) : « J’ai également été participant lors des ateliers haïkus. Bien que slameur et écrivain montois depuis des années, je ne m’étais jamais essayé à la rédaction de ce type d’écriture très codifiée. J’ai pris goût à la rédaction et à la participation de ce beau projet. J’y ai également rencontré de très belles personnes avec qui j’ai pris plaisir à collaborer dans la bonne humeur. Nous avons amené nos univers si différents vers un projet très cohérent.»

En conclusion, si vous n’avez pas encore pu vous rendre sur le site de la cascade d’Hyon, je vous invite à le faire quand bon vous semble, car l’installation est pérenne. Découvrir l’ensemble de ces œuvres artistiques au gré des saisons est une façon originale de redécouvrir à chaque fois les lieux, les mots ainsi que les éléments graphiques disséminés aux abords de cet endroit si paisible.

Bonne balade sur le Réseau points-nœuds ! 

Adresse : Cascade d’Hyon, rue du Moulin au Bois, 7022 Hyon