Catcheurs, catcheuses, 3, 2, 1… A vos claviers !

Chronique d’Eléonore Cossu / Photos de François Chevalier

Déjà ?… La fin ? La Guinguette Littéraire montoise a clôturé sa fantastique saison 2021. Une saison haute en couleur… Qui, pour beaucoup, a sûrement du faire l’effet d’un chaleureux soleil, trop souvent resté à l’ombre des nuages cet été.

En général, quand on décide d’aller à la Guinguette, on y va le cœur ouvert, prêt à se lâcher dans le bon sens du terme, et l’humeur avide d’humour. C’est exactement l’ambiance qui m’a enchantée durant toute la soirée de ce samedi 28 août. Presque libérateur, on ressort de ce genre de soirée avec un poids en moins sur les épaules et une bonne dose d’énergie !

En plus d’un cadre bucolique et détendant, offert par les jardins de la Maison Losseau, il n’existe pas d’autre atmosphère s’apparentant à celle de la Guinguette. Lieu de villégiature culturel, accueillant le temps d’un moment divers acteurs et shows artistiques.

Mais, c’est à 17h30 ce samedi plus particulièrement, que je fus le plus subjuguée

En effet, me voici spectatrice de mon premier « Catch Littéraire », dont les échos ne laissent nul doute sur son show, épique, de qualité.

Ici, le loufoque se mêle au réalisme, les plus timides se confondent au fur et à mesure et de plus en plus avec les plus extravertis. Et les styles originaux et variés de chaque catcheur rend les exercices d’écriture d’autant plus détonnant. Shakez le tout, et cela donne un Mojito savoureux, aux multiples goûts littéraires.

Un régal PoéticoCulinaire. Un vrai délice (de mots en tous genres, vers et proses)

Nombreux sont les sujets abordés et, ce, souvent à l’initiative du catcheur qui a carte blanche. Une phrase donne le départ et, ensuite, il écrit ce qui lui vient en tête durant les trois minutes de temps accordé.
Les mots plein la tête, ce sont leurs claviers qui ont subi cette ferveur poétique ! Nos yeux peuvent alors déguster des associations de mots originaux telles que « tombe de glace cristalline », « flamme glacée »,…

On pouvait apercevoir que le stress ou l’adrénaline les faisaient transpirer des gouttes « lettrées »

Une lutte sans merci s’opère alors, à coups de doigts pianotant et de phrases originales. Le tout retranscrit sur un large écran derrière eux, visibles aux spectateurs. L’une des catcheuses participantes, Meggie Lombart, m’expliquera d’ailleurs : « Je dois avouer que, lors de ce match, j’ai connu des pics de stress. C’est un exercice intense et très difficile ». Mais ça n’enlève rien à la joie et la fierté d’avoir « relevé ce défi difficile », me précise-t-elle finalement.

Les adversaires ne peuvent alors compter que sur leur imagination débordante et leur maîtrise de la langue française pour survivre et poursuivre leur conquête du monde poétique.
Mais aussi sur les préférences et votes du public !

Il n’y a pas de limite dans l’accès, l’imagination et la joie provoquée par ce genre d’événement

Il me semble d’ailleurs avoir aperçu des personnes malvoyantes prendre pleinement plaisir à participer aux votes et profiter de l’ambiance envoûtante du moment. « Participer » car, oui, il est important de préciser qu’ici le spectateur est aussi acteur du spectacle. Une carte recto-verso, rouge et blanche à la main, nous donne accès au pouvoir du vote !

Vous avez les catcheurs, le public… Mais le spectacle ne serait pas total sans un présentateur de talent ! Yann Leriche, dans son beau costume zébré, n’a pas manqué de faire hurler de rire l’audience dans ses réparties, comme lorsqu’il décrit l’aspect capillaire de Miss Ginger (catcheuse, Emmie Godart) de « chevelue comme un philosophe du 18e ». Sans oublier Isabelle Baladacchino, celle qui donnait vie aux textes improvisés sur place. Meggie Lombart trouve qu’elle « fait une lecture incroyable, avec de l’émotion,… Elle a un talent fou ! » 

© crédit photo : La Guinguette Littéraire

Un réel smoothie coloré donc, reboostant et redynamisant

C’est dire comme l’art et la culture sont des éléments plus qu’essentiel à nos vies, et à la société en général. Et quelle joie de pouvoir échanger et partager à nouveau ce genre de moment, emplie de communion, de bonne entente,…
Et celui que j’évoque ici en est l’exemple idéal. Tous les éléments sont réunis pour enfin revoir tous ces beaux sourires et entendre ces éclats de voix salvateurs, le tout faisant vibrer tout notre être de bien-être ! (Avec les postillons en option puisque nous avons pu ôter notre masque, une fois les distances respectées et assis à une table).

La Maison Losseau a donc clôturé sa Guinguette annuelle mais, concernant le « Catch Littéraire », il semblerait qu’on ne puisse plus s’en passer à Mons… Rendez-vous donc le mercredi 27 octobre à 20h00, s’il vous vient l’envie de voyager et vous détendre sur des nuages de mots… A la Maison Folie.

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