Chronique – My Secret Garden – Arne Quinze au BAM

Interview et photos de François Chevalier

L’exposition d’Arne Quinze au BAM (Musée des Beaux-arts de Mons) touche à sa fin ce 29 août, Septmille l’a visitée et franchement, c’est beau ! Profitez des quelques jours restants pour y aller et rentrer dans l’univers de l’artiste. Plongez dans ses croquis, ses maquettes qui vous permettront de mieux comprendre sa démarche artistique et apprécier ses installations urbaines qui, il faut l’avouer, sans explication peuvent sembler difficile à analyser. Nous avons rencontré Xavier Roland, le directeur du musée, qui nous donne quelques clés pour profiter au mieux de la visite.

Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, l’oeuvre The Passenger d’Arne Quinze a quand même marqué l’histoire de Mons lors de la « capitale européenne de la culture » en 2015. Suite au démantèlement de l’installation, le BAM a décidé de suivre l’actualité de la ville en proposant les clés pour comprendre la démarche et l’univers de l’artiste gantois.

Xavier Roland nous explique que l’artiste, qui a débuté dans le graffiti, n’a jamais eu une démarche politique ou revendicatrice mais a toujours voulu embellir les villes, les lieux abandonnés qui n’attiraient plus le regard des passants en leur donnent de la couleur ou en leur implantant des volumes monumentaux qui interpellent, réinventent les paysages pour leur redonner un sens qu’ils avaient peut-être perdus.

C’est en effet un sentiment que l’on a en visitant l’exposition, on sent que l’artiste est dans une démarche de recherche permanente. Des croquis par centaines, des maquettes brutes ou léchées qui se succèdent et vous font comprendre son obsession de la déconstruction qui va perturber ses environnements et ses spectateurs.

Xavier Roland : « Il est à l’opposé de l’intégration, il vient avec quelque chose de complètement chaotique, désordonné et en créant ce traumatisme urbain, il arrive à faire une espèce d’électrochoc pour réanimer ces endroits qui n’avaient plus de vie. »

Vous pourrez découvrir les oeuvres dans le musée mais également sur la Grand Place de Mons. Les oeuvres monumentales qui y sont exposées, sont installées dans un jardin réalisé par Arne Quinze avec cette idée d’ouvrir un débat, une réflexion sur comment, au coeur d’une ville bétonnée, on peut reconnecter les citoyens à la nature vivace. Ces sculptures monumentales représentant des fleurs mourantes, sont en quelque sorte des monuments commémoratifs aux fleurs sauvages qui ont quasiment disparu et plus spécifiquement aux lupins qui ont inspiré l’artiste pour ces réalisations. Une vidéo présentant la création de ces oeuvres est également visible au deuxième étage du musée.

Xavier Roland : « La visite de l’exposition ne se veut pas chronologique ni thématique. C’est une exposition qui entre dans l’univers de l’artiste pour comprendre à la fois sa démarche et ses obsessions, ses angoisses, ses craintes. Quand on rentre dans le BAM, il y a une fresque qu’il a réalisée sur les vitres en résonance avec le jardin qu’il a créé dans le Jardin Jean Lescarts. Ensuite, au premier et au deuxième niveau du musée, Il y a une déclinaison de l’atelier dans lequel il a travaillé, le dernier travail qu’il réalise aujourd’hui et une scénographie qui explique comment il a construit l’installation qui se trouve sur la Grand Place. »

Septmille : Et après Arne Quinze, il y a déjà une exposition de prévue ?

Xavier Roland : « Oui Botero, une grande première en Belgique. Une rétrospective qui présentera sa carrière complète. C’est un artiste important car il a été fort dénigré par les « bien-pensants » de l’histoire de l’art mais le public aime Botero car il a cette capacité à mettre en symbiose l’art ancien, contemporain et traditionnel pour créer quelque chose qui lui est spécifique. Je trouve qu’avec sa capacité à accueillir et à développer une identité à partir de plein d’autres identités quand la société est à l’heure du métissage, c’est aussi un beau message à faire passer. « 

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