Chronique – Trésors Montois

Chronique et photos de Daniel Godart

Qu’on ne se méprenne pas, ici aussi on vénère Saint Georges, on déifie le Dragon, on se prosterne devant le Beffroi…

Cela dit, axer toute la communication artistique de cette bonne vieille ville autour d’un nombre très limité de pôles d’intérêt récurrents a quelque chose de terriblement restrictif. Si pour certains s’enfermer dans un carcan folklorique s’avère réconfortant ; pour d’autres, cela devient vite franchement limitatif. On aurait bien aimé avoir affaire à des thématiques défiant les standards communaux populo-centrés.

Imaginez-vous feuilleter un Larousse en y choisissant quelques mots d’une manière tout à fait aléatoire. Des mots qui serviraient de base pour une expo future. Ici, on s’est prêté au jeu, on en a pointé du doigt, les yeux fermés et on est tombé sur arquebuse, siphonophore, trinitrotoluène et xylophage… Avouez qu’il y a de quoi titiller agréablement l’imagination des manieurs de focales. Et bien ce ne sera pas pour cette fois car, cette année, ce sont les Beffroi, Ducasse et Silex’s qui prendront la pose.

Autant vous dire qu’on était dubitatif à l’entrée. On n’aurait pas dû.

Un rien blasé par le choix des figures imposées, on en avait oublié la multiplicité des exposants, leurs approches sensibles, humaines, techniques, parfois académiques, fantasques, voire transgressives. Au fil des clichés, la perplexité fait place à un feu d’artifice d’impressions autant divergentes que complémentaires.

Des captures d’instants dynamiques côtoient la catalepsie poétique de mécanismes d’engrenages, des flous volontaires s’accolent à des silhouettes précisément découpées, le noir et blanc se marie aux teintes saturées… Une foultitude d’approches diverses s’entremêlent, au grand plaisir des visiteurs.

La force de cette expo ne provient pas des sujets sélectionnés (qu’on aime profondément on vous le répète mais dont il serait temps de gérer l’image en bon père de famille), mais bien de l’étonnante diversité des regards, de l’éventail des techniques utilisées, ainsi que d’une notable quantité de talents.

Les gens du coin auront observé ces dernières semaines l’éclosion d’une génération spontanée de colonnes Morris cubiques un rien énigmatiques. Elles sont désormais recouvertes d’œuvres qui, trop à l’étroit dans la galerie, ont migré aux quatre coins de la ville, valant à elles seules qu’on s’octroie une mini randonnée urbaine…

Bref, entré grincheux, ressorti content…On ne peut que vous conseiller d’y jeter un œil.

Et puis c’est gratuit.

Trésors Montois du 24/07 – 19/09/21 au 25, rue de la Chaussée / Mons

Ouvert du mardi au dimanche de 12h à 18h.

Infos ici :