Interview – Na Baka

Interview de Niko / Photos Na Baka

C’est dans le cadre de la clôture de l’opération « De l’Air! », organisée par les Centres culturels du Borinage, que je me suis rendu à la Maison culturelle de Quaregnon pour la soirée GIRL & QUEER POWER. Trois artistes seules en scène : la première chante, la seconde fait un one-woman-show et la dernière de la poésie punk. Je tombe sous le charme de la voix incroyable de Na Baka qui ouvrait la soirée.

Avant de lire l’article, j’aimerais vous faire écouter un extrait et après, on la découvre. Bonne écoute et bonne lecture !

Professeur de musique, auteure-compositrice, interprète, guitariste et chanteuse, Na Baka vient de sortir son premier EP de sa jeune carrière musicale : « Bloom ». Cette œuvre discographique qui parle de sentiments comporte cinq titres chantés en anglais. Dans cet entretien, elle nous parle de cette passion qu’est la musique, de ses influences et de ses débuts dans cette discipline artistique.

Septmille : Na Baka, qui es tu ?

Na Baka : «La musique a toujours fait partie de moi, et de ma vie. Vers l’âge de 7 à 8 ans, j’étais fan d’une chanteuse qui s’appelle Avril Lavigne. Elle était mon idole à ce moment-là je la trouvais super cool. J’aimais ce qu’elle faisait et je me suis dit « c’est cela que je veux faire ». Je veux être sur scène, faire du rock, jouer la guitare électrique et chanter.

Et du coup, je me suis inscrite à l’académie au cours de guitare. Je me suis rendue compte au fur et à mesure que j’avais un vrai feeling avec la guitare classique, plus qu’avec la guitare électrique. J’ai continué à pratiquer et vers l’âge de 11 ans, j’ai vraiment eu un coup de cœur en écoutant l’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie et j’ai décidé que j’allais faire de la musique mon métier en essayant de rentrer au Conservatoire. Après mes humanités, c’est ce que j’ai fait et j’ai eu mon master didactique. 

J’ai écrit ma première chanson à l’âge de 11 ans. Mes premières compositions, c’était du rock et progressivement, je me suis ouverte à d’autres styles de musique comme le hip-hop, le RNB et la Soul. J’ai aussi un faible pour certains groupes des « 90’s » . Ce sont des musiques qui m’ont inspirée. Ma manière de composer a un peu évolué, ainsi que ma manière de jouer à la guitare classique.

Et au niveau de mes influences, je peux dire qu’actuellement j’écoute toujours du rock et du métal, mais j’aime tout ce qui est expérimental notamment avec des artistes comme James Blake, Jordan Rakei, … que j’écoute régulièrement. Ce que j’aime dans la musique, c’est le fait de ne pas se limiter à un style, et de piocher un petit peu tout ce qu’on retrouve de belles choses dans tous les styles. »

Septmille : Où as-tu enregistré ton EP ? Je le trouve bien masterisé.

Na Baka : « J’avais des versions acoustiques de mes chansons (guitare-voix) et par la suite, j’ai rencontré un producteur qui s’appelle Messoins via un ami en commun. Nous étions au Conservatoire ensemble au même moment, mais on ne se connaissait pas. Du coup, ma musique a été une découverte pour lui et le feeling est très vite passé musicalement parlant.

Il a proposé que l’on travaille ensemble. J’ai accepté et par la suite je lui ai demandé de travailler sur mon EP dans son home studio à Ghlin. Cela a duré quelques mois, essentiellement pendant les grandes vacances. Il avait cette facilité de savoir où je voulais en venir dans mes créations et ce que je voulais faire de mes versions acoustiques. Nous avons donc décidé de sortir un titre par mois. L’EP a été masterisé par Pieter De Wagter qui travaille à EQuuS à Bruxelles.

Avec la même équipe, je travaille sur mon second EP qui va être acoustique et tout à fait différent du premier. J’ai vraiment envie de retourner à la source, ce sera donc un projet acoustique guitare, voix et violoncelle. Au niveau de la production, ça va être assez épuré et très personnel, il abordera des thèmes plus intimes, qui je suis, à quoi je pense, mes réflexions. Mon équipe et moi sommes très enthousiastes à l’idée de le présenter. »

Septmille : Comment se passent tes concerts ?

Na Baka : «La plupart du temps, je suis toujours seule avec ma guitare, mais la dernière fois j’ai partagé la scène avec Messoins qui jouait au clavier. Nous avons présenté les chansons de l’EP en duo. Mais c’est vrai que je n’ai pas encore eu l’occasion de jouer mes propres chansons avec tout un groupe. Partager la scène avec d’autres musiciens est une expérience que j’aimerais revivre à l’avenir car cela procure une sensation enivrante. »

Septmille : On t’a déjà demandé des covers ?

Na Baka : « Oui, mais ce n’est pas trop mon truc. Je peux apprécier l’interprétation de certains artistes mais personnellement, je trouve que ça ne m’apporte rien. Je préfère créer tout simplement (rires). C’est déjà arrivé lors d’un concert que l’organisateur me l’ait demandé. C’était le début, j’en avais placé une ou deux, mais maintenant, j’évite. Même si personne ne connaît mes chansons, je préfère chanter ce que j’ai créé. Quand on vient voir un concert de Na Baka, c’est pour découvrir et écouter ce que je fais. »

Septmille : Comment es-tu arrivée au festival Afropolitan à Bruxelles?

Na Baka : « J’ai donné un concert à Café Congo à Bruxelles, ça a été l’un de mes plus beaux souvenirs sur scène, c’était très émouvant. Et lors de ce concert, la DJ Rokia Bamba m’a entendue chanter et a parlé de moi à Prezy (qui anime notamment Les Niouzz à la RTBF) et à qui avait été confié l’événement « Black card » lors du festival Afropolitan. Il m’a donc contactée et m’a dit qu’il aimait ma musique. C’était vraiment du bouche-à-oreille et voilà comment les choses sont arrivées par hasard. J’étais très stressée, mais le public était là, très enthousiaste, et l’organisation était aux petits soins avec les artistes. Nous étions dans de très bonnes conditions. Le festival se déroulait sur trois jours et il y avait d’autres événements tels que des workshops de danse. Il y avait des artistes qui vendaient leurs créations et c’était vraiment incroyable. »

Septmille : Donner des cours de musique est également une passion pour toi.

Na Baka : « En rentrant au conservatoire, j’avais l’ambition de devenir professeur. Dès le début, c’est ce que j’avais en tête. Et en donnant cours lors de mes stages, je me suis rendue compte que je ne m’étais pas trompée : c’est quelque chose qui me plait beaucoup. Voir la progression de mes élèves, pouvoir échanger avec eux et transmettre cette passion que j’ai depuis plusieurs années me donne énormément de satisfaction. Et du coup, le fait de pouvoir faire de la musique et l’enseigner en parallèle me rend heureuse. Quand je pars au travail, c’est avec le sourire, et quand je termine ma journée, c’est toujours avec le sourire. C’est très enrichissant ! On croise des élèves de tous les âges et c’est chouette de voir comment chaque personne fonctionne, comment chaque personne apprend, s’adapter à tout cela,… J’aime beaucoup. »

Septmille : Si je te laisse carte blanche, qu’est-ce que tu as envie de dire ?

Na Baka : « J’aime plein de choses et je n’aime pas me sentir limitée, que ce soit en musique ou dans les activités que je mène. Parfois, je me lève le matin et je me dis que j’ai juste envie de lire, et je le fais ! Je touche à un peu de tout, surtout dans le domaine artistique. Et je suis très heureuse et reconnaissante de faire ce que j’aime. »

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