Un weekend enchanté à la Guinguette Littéraire

Chronique et photos de Meggie Lombart

Laissez-vous envoûter par des activités surnaturelles à la Maison Losseau. 

Non ! Ce n’est pas possible ! Ils ne vont pas faire ça ?! Ils ne vont quand même pas la condamner à…. Eh bien si ! Ce samedi 3 juillet, j’assiste impuissante au procès pour sorcellerie de Marguerite Tiste ! Pour moi qui suis féministe, c’est difficile de ne pas monter sur l’estrade pour défendre l’adolescente condamnée au bucher. Heureusement me direz-vous, il ne s’agit que d’une reconstitution d’un jugement datant de 1671, une activité proposée par la Guinguette littéraire de la Maison Losseau. Le français moyen  a été adapté pour être compréhensible, mais le texte des acteurs se base sur les archives du procès, explique Françoise Delmez, responsable de la Maison Losseau.

Je peux respirer ! Marie Meunier et Maude Pretre, les deux comédiennes de talent interprétant la jeune fille, ne seront pas jetées dans les flammes ! Marguerite, en revanche… étranglée et brûlée !

Quand on y réfléchit, 1671 est bien loin du Moyen Âge. C’est l’époque de Blaise Pascal et de René Descartes… Force est de constater que c’est également celle où l’on brûlait des femmes sous prétexte qu’elles avaient forniqué avec le diable… 

La reconstitution rend la souffrance tangible, matérialise l’injustice et oblige le public à accepter la factualité d’une chasse aux sorcières ô combien différente de celle qu’a récemment vulgarisée Donald Trump. C’est une réalité historique : les personnes condamnées pour sorcellerie étaient majoritairement des femmes pauvres. Pourquoi les conduire devant un tribunal ? Parce qu’elles étaient indépendantes ? Parce qu’elles s’y connaissaient en plantes médicinales, en remèdes de grands-mères ? 

La Maison Losseau, avec ses partenaires de PAC et des FPS Mons Borinage, avait entamé un travail au sujet des sorcières lorsque la crise sanitaire stoppa net toutes les activités culturelles. C’est donc tout naturellement qu’à l’occasion de sa réouverture, la Guinguette remette la sorcière à l’honneur via diverses activités telles que la reconstitution de ce procès, des ateliers d’écriture, des ateliers créatifs… Lorsqu’on se balade dans le jardin, on découvre un autel prêt à recevoir des offrandes, une boutique pleine d’onguents et de parchemins ainsi que des inscriptions runiques dont j’ignore la signification. La décoration me transporte. Tout ceci s’articule parfaitement autour de l’exposition Avant le coucher du soleil. Un parcours dans l’univers de la sorcière à travers les œuvres de la collection de la Province de Hainaut que l’on peut visiter à la Maison Losseau jusqu’au 19 décembre 2021. 

La sorcière est omniprésente dans notre culture et pas seulement le 31 octobre pour Halloween. Dans nos séries, nos livres, nos contes,… Elle fait partie de notre imaginaire collectif. Depuis quelque temps, des pratiques New Age rassemblent des adeptes de l’ésotérisme qui se revendiquent sorcières. Par cela, entendez qu’elles vénèrent la puissance du féminin et celle de la nature qu’elles souhaitent préserver, ou qu’elles connaissent les pouvoirs de guérison des plantes. Non pas qu’elles écorchent des crapauds dans des caveaux les soirs de pleine lune… On est plus près de la spiritualité que de la démonologie ! 

M’a-t-on jeté un sort ? J’ai déjà envie d’y retourner… Et vous ?

Retrouvez toute la programmation de la Guinguette Littéraire : www.facebook.com/guinguettelitteraire

Et le site internet de la Maison Losseau : www.maisonlosseau.be