Antoine Hénaut : « … Je vais continuer à écrire et à enregistrer… »

Interview de Nicolas Fally / Photos de Mara De Sario

C’est dans son jardin qu’Antoine Hénaut nous a accueillis pour cet entretien. Entouré de ses trois chats, une petite bière en main, le décor est planté. Son actualité et ses projets sont entre autres les sujets abordés au cours de cette rencontre avec l’artiste.

Septmille : Antoine, j’ai envie de te demander, qu’est-ce que tu as fait cette année ?
Antoine Hénaut : Comme bon nombre de personnes j’ai fait de la permaculture. Je me suis associé dans un projet d’élevage de brebis avec Mara, mon épouse, ma « marageuse » (rires). Nous découvrons de nouvelles choses et c’est bien. Aussi, j’ai fait du mortier, du béton.

Spt. : Pourquoi du mortier et du béton ?
A.H. : Je le fais parce que je travaille pour l’après-guerre. On verra quand tout ça va vraiment finir. Je travaille sur la création d’une salle de concerts, spectacles, expositions et événements culturels en tous genres dans mon village d’enfance à Onnezies. C’est juste à côté de l’école de cirque de Honnelles que mes parents avaient créé il y a un peu plus de trente ans maintenant. Ce sera dans une ferme qu’un ami a racheté dans la rue de l’abreuvoir et du coup ce lieu va s’appeler « L’Abreuvoir ».

Spt. : Et avec qui développes-tu ce projet ?
A.H. : Je le fais avec Emmanuel Gaillard du cirque Farrago. On a bossé ensemble notamment sur le spectacle « Parlez-moi d’Amour » dont j’ai composé quelques musiques. Et aussi avec Emmanuel Brasseur qui est propriétaire de la ferme en question.

Spt. : As-tu déjà une idée sur le nombre de places pour cette salle ?
A.H. : De la place dans le bâtiment, il y en a. Il pourra accueillir à peu près 300 personnes. Maintenant, nous sommes en train de mettre tout aux normes avec le service des pompiers et celui de l’urbanisme. Nous souhaitons l’ouvrir au mois de juillet, mais cela risque de ne pas être possible car toutes ces démarches prennent beaucoup de temps, mais nous nous sommes donnés une échéance à respecter car il y a vraiment du boulot. Même si nous n’arrivons pas à ouvrir au mois de juillet, au moins les travaux seront faits.

Spt. : Nous sommes chez toi, tu as un petit studio à domicile et c’est bien charmant. Explique-nous comment tu travailles, vu tu ne peux pas y installer une batterie ou d’autres grands instruments vu que l’espace est réduit ?
A.H. : C’est de la préproduction que je fais dans mon studio. C’est vraiment de petites maquettes de mes chansons ou, si tu veux, ce sont les paroles accompagnées de son de la guitare et la voix que je fais ici. Disons que la guitare, c’est l’instrument que je maitrise le mieux, je l’ai apprise chez les scouts (rires). Le but, c’est de se faire plaisir et de voir les chansons occuper une meilleure place.

Spt. : Veux-tu nous parler de ton dernier album « Par Défaut » sorti en 2020 en Belgique et en digital en France ?
A.H. : Cet album a bien fonctionné pour moi. J’ai été diffusé sur beaucoup de web radios. J’ai même été dans le Classement Quota et, en ce moment, j’y suis encore. L’album a vraiment été bien accueilli en France et je suis content.

Spt. : L’année passée tu devais faire les Francofolies de Spa ainsi qu’une tournée, mais avec la crise sanitaire cela n’a pu être possible. Néanmoins tu as pu faire trois concerts en streaming. Dis-nous comment cela a été planifié ?
A.H. : Quand on a un public, on stresse parce qu’on se dit « Qu’est-ce que je vais dire au public ? » et dans ce cas-ci, vu que c’était des concerts en streaming et que je n’étais pas forcement face à des gens, je me suis demandé « Qu’est-ce que je ne vais pas dire au public ? ».
C’est un stress différent. J’ai l’habitude de communiquer avec mon public. Quand je suis sur la scène, je m’amuse en faisant des vannes. Il y a une complicité entre le public, mes musiciens et moi. J’aime aussi parler de mes musiciens : Philippe Quewet, Hugo Adam et Jérôme Hiernaux, que je salue au passage.
J’essaie de développer cette proximité entre le public et nous. Un tel spectacle en streaming, c’était un peu plus compliqué car je devais enchainer les chansons sans communier avec le public. Voilà ce qui était un peu stressant, mais c’était un bon exercice pour moi parce que j’ai tendance à parler beaucoup entre les morceaux quand je suis sur scène et souvent on me dit que je devrais parler moins (rires). Je peux dire que ça a été une bonne expérience d’enchainer les morceaux, surtout de défendre l’aspect musical et aussi la scène en cette période de crise sanitaire.

Spt. : C’était où ces trois concerts en streaming ?
A.H. : Le premier concert était au Rideau Rouge à Lasne. Ensuite il y a eu le Glaïeuls Paradise au Centre culturel de Woluwe-Saint-Pierre à Bruxelles, puis le Botanique à la Rotonde où nous avons eu une résidence de trois jours avec les musiciens au grand complet. Ça faisait très longtemps que nous ne nous étions pas réunis tous ensemble.
Nous avons travaillé dans de bonnes conditions avec un bon son, de la bonne lumière, avec notre ingénieur de son Benoît Dagnelie, qui me suit depuis une bonne dizaine d’années. La nouvelle équipe est arrivée après (Philippe, Jérome et Hugo). Tout était réuni dans le cadre de ce petit streaming d’une trentaine de minutes et maintenant il est sur YouTube.

Spt. : C’est quoi l’avenir d’Antoine Hénaut ?
A.H. : C’est déjà la permaculture et l’élevage de brebis (rires).

Spt. : Et côté musique ?
A.H. : En ce qui concerne la musique, il y a quand même une dizaine de dates qui se profilent à l’horizon malgré la crise sanitaire engendrée par la covid19. Je profite de dire merci à Mara mon épouse et notre manager. Même si je ne pouvais plus faire écouter la musique aux gens, et la partager, je continuerais à écrire et à enregistrer car pour moi, il faut que ça sorte. C’est de la thérapie aussi la musique.

Spt. : Et pour tes dates, y aurait-il un site sur lequel aller regarder ?
A.H. : Pour voir nos dates, c’est sur nos pages Facebook et Instagram. Nous les mettons à jour continuellement. Pour les personnes intéressées, il suffit juste d’aller sur ces plateformes (Antoine Hénaut officiel). Il y a un site internet aussi.

Spt. : Une chaine YouTube peut-être ?
A.H. : Oui, j’ai une chaine YouTube, c’est « Antoine Hénaut officiel ». Sur celle-ci, on retrouve mes clips, notamment mon dernier morceau « Menteur à Gages » de l’album Par Défaut. On peut y trouver aussi « Le Copain », premier single de l’album.
Le clip « Le Copain » a été enregistré avec la fanfare de Huissignies qui dispose d’une centaine de majorettes. Par contre, celle enregistrée sur l’album, c’est avec la petite fanfare de la Grande Vie. Le clip « Menteur à Gages » a été tourné à l’Abbaye des Rocs devant une magnifique cascade où nous avons fait une espèce de tableau très figé et c’était très beau. Ce sont des amis, ils nous ont super bien accueillis.

Spt. : Un petit mot de la fin…
A.H. : Prenez soin de vous et bouffez du zinc ! (Rires)

Pour rappel, Antoine Hénaut se produit en concert ce 25 juin à Quiévrain.

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