Une première pour Clemix : un live 100% acoustique

Interview de Niko / Photos de Davy Koutiangba

Montoise installée à Bruxelles et révélée au grand public par son premier EP « Discobar » sorti en 2017, Clemix se produit les 18 et 19 juin prochains au LA du Hautbois à Mons, sa ville natale. Elle y présente son nouvel EP nommé « De rien du tout » sorti au printemps dernier. Dans cet entretien, l’artiste nous parle des circonstances qui lui ont inspirées l’enregistrement de cet EP en acoustique et de sa collaboration avec le DJ canadien Unpier.

Septmille : Tu nous présentes « De rien du tout », ton nouvel EP, au LA du Hautbois à Mons. Veux-tu bien nous en parler ?
Clemix : « En effet, c’est mon troisième EP né après le confinement car mon deuxième (NDLR: « Non merci ») est sorti en février 2020, juste avant la Covid19. J’ai donc eu le temps de le présenter au Botanique, puis je suis allée le jouer à Toulouse et, à mon retour, tout était fermé. C’était déjà le confinement. J’avais beaucoup travaillé pour ce deuxième EP, j’étais à fond, je suis donc allée jouer en Estonie, dans le sud de la France parce qu’il y avait une émulation et je dégageais une énergie mais tout s’était arrêté. J’ai donc rangé mes machines. Je n’avais pas envie de faire des choses électroniques enjouées, dansantes, etc. Ce que je pouvais faire, c’était de travailler au piano. J’ai commencé par reprendre les chansons de mes précédents EP de la façon la plus simple possible, c’est-à-dire juste le chant et le piano. Je l’ai fait sans stratégie, je ne savais pas combien de temps la pandémie allait durer. Je me disais un ou deux mois, puis les gens allaient retourner danser mais voilà que ça fait un an. Au final, cela a donné un set entier, c’est-à-dire piano-voix avec des anciennes chansons réarrangées et de nouvelles autres écrites pendant la période du confinement. J’ai décidé d’en faire un EP parce que des chansons existaient et je voulais les sortir pour voir où ça me mènerait. »

Spt. : Il en sort un single « Mauvais plan », il est décliné en deux versions. La première en version électro et la deuxième, élaguée de toutes paillettes électroniques (comme tu aimes le dire). C’est donc cette dernière version que nous aurons l’occasion de d’écouter au LA du Hautbois ?
C. : Pour mon spectacle, ça sera l’occasion pour moi de présenter mon troisième EP totalement acoustique piano-voix à mon public (montois donc), les machines resteront à la maison.

Spt. : Je l’ai senti un peu post-rupture, sensible et attachant ce titre.
C. : Oui, post-rupture, c’est exact. Ce sont presque que des chansons d’amour finies, et des histoires aussi (rire). Ce qui est bien avec les histoires d’amour quand elles finissent, une autre peut commencer (rire).  

Spt. : En dehors des titres de ton nouvel EP, d’autres de tes précédents EP seront présentés au public. Est-ce que ça a été dur pour toi de les réarranger en version acoustique ? 
C. : J’ai commencé mes deux premiers EP avec les machines. Après, le titre « Mauvais plan » a été composé au piano. Le choix des accords fait partie intégrante de la composition mais c’est vrai que mes premières chansons étaient beaucoup plus électroniques. J’ai des machines qui me permettent de prendre des libertés et d’être en évolution et d’essayer pleins de choses. Ce troisième EP, c’est dur, mais je peux dire qu’il y avait déjà une harmonie dans ces chansons qui pour moi sont les mêmes. Evidemment, quand on enlève tout et que l’on ne garde que le piano, elles me traversent et me touchent différemment.
Pour moi, j’ai tout enlevé pour ne garder que l’essentiel, c’est-à-dire la mélodie, l’harmonie, le texte et le chant.
Ce qui était plus dur, ce n’était pas la partie technique mais celle émotionnelle car j’ai des textes sensibles. Comme je les habille avec de l’ironie et de l’humour, ils sont un peu plus légers.
Quand j’ai enlevé les machines et que je me suis retrouvée avec le texte et la mélodie, j’ai beaucoup pleuré. Ça été un moment d’introspection personnelle. J’ai écrit aussi toute une série de nouvelles chansons qui sont un peu dans cette veine là. Sans doute qu’il y a quelque chose qui devrait s’extérioriser et en même temps s’intérioriser.
Avec la version électronique, je saute partout, j’active la foule mais cette fois, je suis juste assise toute seule, je ne peux pas bouger. Émotionnellement, c’est chaud pour moi. 

Spt. : Tu as aussi joué en Europe francophone et aussi au Canada, explique-nous comment s’est faite cette connexion avec le Canada ?
C. : J’ai rencontré DJ Unpier au festival francophone à Bruxelles et, suite au festival, j’ai été invitée en Ontario au Canada. Lui était également présent et nous nous sommes dit que nous allions faire un morceau ensemble. Il m’a envoyé une base rythmique, puis j’ai mis la basse et je lui ai renvoyé, ensuite j’ai envoyé le texte et c’est comme ça que nous avons procédé sans travailler ensemble physiquement. Nous sommes tombés d’accord sur la version finale et nous avons sorti le single « Démarre » pendant la pandémie. C’est une chouette personne et jusque-là nous n’avons pas encore joué en live ensemble.

Spt. : Un projet d’album peut-être ?
C. : Eventuellement, mais je ne veux pas en faire tant que je n’ai pas de soutiens financiers parce que c’est trop cher. Par contre, les EP financièrement, c’est plus supportable.

Spt. : Où peut-on écouter ton EP ?
C. : On peut le retrouver sur toutes les plateformes, Spotify ou Deezer.
Pour l’instant, je travaille beaucoup sur la promo. Il n’est pas encore distribué physiquement mais on peut le commander sur mon site et sur Bandcamp, un site alternatif. Après, je cherche un label pour la suite vu que j’ai trois EP à mon actif, mais cela ne m’empêche pas de tourner.

Merci Clemix pour toutes ces confidences et rendez-vous ce week-end au LA du Hautbois !

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