Simon Danhier, né comme il est !

Interview de Niko / Photos de François Chevalier

C’est à la Maison Culturelle de Quaregnon que nous avons rencontré Simon Danhier, chanteur et musicien montois, pour qu’il nous présente son nouveau single « Comme on naît ». Apportant une importance particulière au fait d’être « soi-même », Simon nous explique ce nouveau morceau, son texte et son parcours.

Septmille : Après plusieurs collaborations avec des groupes et une pause musicale, pourquoi avoir repris en solo ?
Simon Danhier : « Je n’arrive pas à arrêter de faire de la musique, c’est un truc assez fou donc il y a toujours un moment où je recommence à en faire et là, je me suis dit, j’ai envie de faire un truc perso, où je suis libre, je fais ce que je veux. » Dans cette optique, Simon ne souhaitait pas prendre un pseudo ou un « blaze », il a décidé de garder son vrai nom et de ne pas se cacher derrière une autre identité. « Je recommence à faire des choses tout doucement, sans pression. J’essaie de toucher à tout, de faire tout moi-même pour ne dépendre de personne mais, si j’aimais bien collaborer, cela va se faire. Il y a des trucs qui renaissent. »

Spt. : Pourquoi as-tu écrit la chanson « Comme on naît » ?
S.D. : Comme il nous l’explique, Simon a souvent des sujets précis en tête quand il compose et, au fur et à mesure de l’écriture, des phrases « chocs » arrivent dans le texte. « « Comme on naît » partait quand même d’un sentiment sincère, c’est une espèce de revanche au mensonge. Je voulais faire un pied de nez à tout ce qu’il se passe actuellement au niveau du hip-hop. On est souvent (pas toujours) dans l’egotrip, parler de soi, une démonstration de force, alors que je suis sûr que dans la majorité des cas, ce n’est pas vrai car j’en connais. Et je n’aime pas ça car je viens du reggae où on était idéaliste, tous ensemble. »

Spt. : Qu’expliques-tu dans ce texte ?
S.D. : « Je voulais dire, puisque personne ne le dit jamais, que moi je ne suis pas au-dessus de toi, c’est comme ça dans la vie, on perd. Parce que, comme je l’explique, j’étais banquette au foot, j’ai appris à perdre. On est comme on est depuis la naissance car on ne décide pas de naître, on essaie de se former, j’explique aussi quelques désillusions. J’aime bien expliquer les choses réelles. »

Spt. : Tu veux être toi-même ?
S.D. : « J’essaie d’être moi-même, même au niveau artistique, de trouver ma culture et mon identité. On venait du monde du reggae et on était une pure imitation des jamaïquains. Quand tu grandis, tu te rends compte que ce n’est pas toi du tout en fait. Ce que j’aime bien, ce sont les gens qui sont vraiment eux-mêmes. Alors qu’est-ce que ça veut vraiment dire d’être soi-même ? Je n’en sais rien, c’est le public qui ressent quand c’est sincère ou non. »

Spt. : Pourquoi avoir fait ce projet tout seul ?
S.D. : Simon nous explique qu’il s’est retrouvé tout seul pendant le confinement à créer de la musique. C’est évident qu’il aurait bien aimé collaborer avec des professionnels et s’entourer avec des gens de talent. Mais vu le contexte et la pandémie qui se prolongeait, il a décidé de faire son clip seul et s’est intéressé à la technique, au matériel vidéo, photo, etc. « Ça me passionne en quelque sorte. Et là, j’avais le temps de le faire. Et puis, pas de deadline, personne qui te pousse, aller à son aise. La seule difficulté, c’est que tu n’oses jamais sortir les trucs car personne ne t’embête et tu continues à modifier. »

Spt. : Des projets prévus pour la suite ?
S.D. : « J’ai quand même l’intention d’enregistrer un album avec des vrais instruments et des vrais instrumentistes en studio. Peut-être pas tout de suite car, si je sors un CD maintenant, il n’y a pas de concerts qui vont avoir lieu. Dans un court terme, ce sera des clips, des covers sur Youtube, des trucs qui vont sortir au compte-gouttes. Jusqu’à aller enregistrer cet album. »

Spt. : Pourquoi sortir justement au compte-gouttes ?
S.D. : « J’ai beaucoup plus tendance à écouter des playlists sur Spotify. » Comme la majorité des gens actuellement, même s’il est de la génération « CD », Simon consomme la musique en aléatoire et ne sait plus vraiment écouter de CD en entier, même dans sa voiture ! « Il faut déjà avoir une certaine stature, un certain niveau pour que les gens se posent et écoutent cet album. Par exemple, des gars comme Roméo Elvis sortent des EP 5 titres car c’est suffisant. »

Retrouvez l’interview en vidéo :


Retrouvez Simon Danhier sur tous ces réseaux :

Single disponible sur : https://simondanhier.bandcamp.com/track/comme-on-na-t

Clip Comme on naît :